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Mystique du Phénix

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Le Phénix


L'oiseau Phénix, qui brille sur les sombres murs des catacombes, se rattache à la sagesse de la terre des Dieux, la vénérable Egypte. Il ressuscitait périodiquement, toutes les cinq cents années, après une flamboyante mort sur le bûcher d'aromates qu'allumait le dernier rayon de soleil couchant. Puis l'oiseau divin portait à Héliopolis, dans un œuf de myrrhe, les cendres fécondes d'où sa renaissance venait de jaillir.

Pour les Egyptiens, l'âme avait la forme d'un oiseau. Le Phénix représente donc l'âme humaine et ses réincarnations cycliques ses cendres, rythmées par une vie céleste de cinq siècles. Ainsi la doctrine des existences successives étincelait dans les ténèbres du christianisme primitif.

Hypothèse hardie ? Oui, mais conforme à la tradition éternelle dont les fontaines de sagesse abreuvent toutes les croyances. Dans " la Clé ", le livre attribué à Hermès Trismégiste, nous lisons ces quelques lignes sur le destin des âmes qui attirent les prestiges du globe :

" L'âme impie reste dans son essence propre et se punit elleûmême en cherchant pour y entrer un corps terrestre, un corps humain, car un autre corps ne peut recevoir une âme humaine, elle ne saurait tomber dans le corps d'un animal sans raison : une loi divine préserve l'âme humaine d'une telle injure. "

Remarquons le fossé qui sépare Pythagore d'Hermès. Pour le sage de Samos, l'âme peut redescendre dans le corps d'un animal. Pour le Trismégiste, elle doit poursuivre son évolution dans des formes strictement humaines. Réincarnation contre Métempsycose.

Hermès, cependant, semble hésiter sur ce problème fondamental. Dans le même livre " la Clé ", il admet, pour l'âme mauvaise, une chute possible en forme de serpent.

" Mais quand l'âme, après être entrée dans le corps humain, reste mauvaise, elle ne goûte pas l'immortalité et ne participe pas au bien. Elle retourne en arrière et redescend vers les reptiles. Telle est la punition de l'âme mauvaise, et le mal de l'âme, c'est l'ignorance. "

En somme, Hermès rouvre la porte de la métempsycose, si violemment fermée tout à l'heure. Les initiés, suivant leur propre état, marchaient dans l'une ou l'autre de ces solutions, dans la route large ou le chemin forestier. Ils admettaient à leur gré les renaissances humaines ou les transmigrations animales, ou les deux. De toute façon, ils progressaient dans le sens du cosmos, tout pénétré de spirales. Ils étaient les fils de l'Intelligence Divine.

En Grèce et à Rome, de nombreux vases funéraires nous montrent des peintures où l'âme du défunt s'envole sous l'apparence d'un oiseau. Preuve que les peuples anciens identifiaient les deux idées.

Dans l'hymne que les prêtres Egyptiens élevaient comme un encens vers le soleil levant, murmurent des vers :

" Viens vers le Pharaon,
Donne lui ses mérites dans le ciel,
Sa puissance sur la Terre
Epervier saint à l'aile fulgurante,
Phénix aux multiples couleurs ;
Coureur qu'on ne peut atteindre au matin de ses naissances. "

Ici, le Phénix devient le dieu suprême : le Soleil.

Sans doute, les sages d'Egypte plaçaient-ils dans le Soleil, ce globe de flamme immortelle, le séjour des âmes purifiées. Opinion affirmée, dans le monde antique, par certains livres hindous, et, dans le monde moderne, par le poète visionnaire Victor HUGO.

Mais l'âme humaine ne se contente pas de se transmuter en un dieu, futûce le dieu du Soleil, elle poursuit sa marche vers l'absolu. Hermès Trismégiste le proclame :

" Tu vois, ô mon fils, combien de corps il nous faut traverser, combien de chœurs de daïmons et de révolutions d'étoiles pour arriver jusqu'au Dieu seul et un. "

A Héliopolis, le Phénix se nommait l'oiseau Benou, et contenait l'âme immesurée du dieu Osiris. Les chrétiens ne pouvaient pas l'ignorer. Il y a donc assimilation entre Osiris et Jésus. Sauveurs ressuscités du monde. Assimilation voulue par les inventeurs du symbole.

Nous pénétrons alors dans la grande doctrine des Incarnations Divines, dont les spirales s'élargissent sur tous les temps et sur tous les lieux. A la place d'un Rédempteur unique, se dressent les nombreux Messies qui éclairent de leur flambeau la route des âges.

Sous une forme voilée, Hermès annonce cette vérité immense :

" De la zone royale partent les âmes royales ; il y a plusieurs royautés : celles des âmes, celles des corps, celles de l'art, celles de la science, celles des vertus ... Car les dieux euxûmêmes engendrent les rois qui conviennent à la race terrestre... Le roi est le dernier des dieux et le premier des hommes. "

De telles formules, défigurées par la sottise et la crainte, ont servi à soutenir les monarchies de droit divin. Mais la pensée d'Hermès est toute autre. Les rois, intermédiaires entre les dieux et les hommes, se confondent avec les Christs et les génies. Haute pléiade que HUGO appelait : les Mages.

Arrivée au stade révélateur, le Phénix de l'âme continue encore son vol prodigieux. Archange solaire, Messie terrestre, il lui reste la fusion complète avec l'Etre Infini. Nous le trouvons dans le chapitre XVII du Livre des Morts :

" Je suis le grand oiseau Benou qui est dans Héliopolis ; je suis la somme des existences et des êtres. Qu'estûce que cela ? Le Benou, c'est Osiris à Héliopolis. La somme de l'existence des êtres, c'est son corps ; autrement dit, c'est toujours et jamais; toujours, c'est le jour ; jamais, c'est la nuit. "

Dans l'Inde rayonne le modèle du Phénix, l'oiseau Hamsa. Le cygne de l'éternité, sombre figure de l'ineffable Brahma. Au matin de chaque grand cycle, le cygne de l'éternité pond un œuf d'or, qui est l'univers. Les savants antiques et contemporains tombent d'accord pour affirmer que le monde se développe suivant une forme sphérique. Ainsi se reconstitue le collier étincelant de la science sacrée.

Sous un autre angle, l'oiseau divin de l'Inde prend le nom de Garouda. Il emporte Vishnou, le Verbe Eternel, dans les vertiges de l'espace. Il représente alors l'inspiration supérieure, le feu créateur, l'esprit saint. Dans le Ramayana, l'aigle Garouda ressuscite Rama, en lui apportant le haut d'une montagne plein de fleurs d'immortalité. Sous leurs parfums, le héros s'arrache promptement au sommeil du trépas.

Une mystique actuelle, Mâ Gauri, a maintes fois contemplé dans ses visions l'énergie divine sous la forme de Garouda. Voici comme elle décrit ce Phénix hindou :

" C'est un oiseau immense que Garouda, avec un ventre rouge, une houppe ou une couronne de plumes rouges sur une tête bleue. Son dos est d'or ainsi que ses ailes qui lorsqu'il les déploie ne présentent aucune limite. Ses yeux sont deux diamants qui reflètent les couleurs qu'il porte en lui. Aujourd'hui, il a ouvert son bec et j'ai pu voir au fond de sa gorge un visage humain. "

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Mise à jour le Vendredi, 19 Décembre 2008 21:11