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Dardenne

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Nos aînés du siècle dernier


186 ANS POUR LE COUPLE !
DES ÉPOUX DU MÊME ÂGE,
DANS LA QUIÉTUDE HESBIGNONNE
FIDÉLITÉ AUX ORIGINES...


LES ÉPOUX
DARDENNE-GRIMBERIEUX




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La séniorie Ma Campagne de Cras-Avernas
C'est à Cras-Avernas, dans son appartement de la seniorie "Ma Campagne" que Jean Dardenne reçoit l'envoyé spécial de l'Aronde. C'est un gars bien de chez nous. Il est né à Grand-Hallet et il y a passé toute sa jeunesse. D'une lucidité prodigieuse, d'une mémoire étonnante, Jean nous raconte sa vie, avec un souci de vérité extraordinaire. Jean est né dans la rue Saule Benoît à Grand-Hallet, il croit que sa maison paternelle existe encore mais dans une architecture restaurée. La famille comportait 4 enfants, 2 garçons et 2 filles. Jean a encore une sœur en vie, âgée de 87 ans; elle habite à Bruxelles. Pierre, le papa Dardenne, avait un prénom prédestiné car il fut casseur de pierres et spécialiste dans les premières constructions de routes en macadam (Jean spécifie que cette technique de construction porte le nom de son inventeur Mac Adam John, un ingénieur écossais). Sa profession l'appelait souvent dans les grandes villes. Il emportait sa besace pour 8 jours, et cherchait une pension de famille pour loger avec des compagnons de travail (une cuisine sans luxe ! Du pain, du lard, du café). La mère de Jean est d'origine flamande, elle s'appelle Marie Dekens et était domiciliée à Leupegem, près d'Audenarde.

A l'école

A cette époque, il n'y avait pas d'école maternelle et l'obligation scolaire commençait à 7 ans. Jean avoue qu'il n'aimait pas l'école. Le maître Monsieur Masy était sévère (il le fallait bien !) mais Jean a toujours été très doux de caractère et il n'aimait pas les impératifs et les exigences. Quand il se rendait à l'école, il n'était pas rare qu'il soit interpellé par un cultivateur qui lui criait "eh, Jean, il n'y a pas classe aujourd'hui, viens donc avec moi", il ne fallait pas le répéter, la tentation était trop forte ! Il jetait son cartable dans un coin de la grange et passait sa journée dans les champs avec le cultivateur. Cependant le papa était autoritaire et ne badinait pas avec les incartades de ses enfants. Il y avait en permanence une verge sur le coin de la cheminée... Dès que le papa était au courant de l'école buissonnière d'un de ses enfants, les petites fesses du désobéissant passaient à la bastonnade. A partir de 9 ans, tous les enfants du village de modeste condition participaient aux travaux saisonniers dans les champs. 3 congés étaient tolérés puisque la loi autorisait le travail des enfants. Jean a souvent été embauché à la ferme Favard. Il y gagnait 90 centimes par jour. Il emportait son casse-croûte pour la journée. Pour lui conserver une fraîcheur appétissante, le paquet de tartines était enterré à une profondeur de 30 à 40 cm, à l'orée du champ ! Maman Dardenne avait aussi engagé son fils à la tannerie Doyen à Grand-Hallet où il prestait un jour par semaine. On lui confiait un attelage de deux chiens avec lequel il allait récolter les peaux à tanner dans les villages. Un jour, on lui a confié d'emporter des peaux de vaches à Crenwick (Rosoux). Ne connaissant absolument pas l'emplacement du client, il prit connaissance de la direction de sa destination, puis...les chiens firent le reste ! Ils connaissaient le chemin par cœur ! Dans les descentes, Jean saute sur sa charrette. Dans les montées, au contraire, il aidait son attelage en poussant le véhicule. Quand les chiens avaient trop chaud ou quand ils donnaient des signes de fatigue, il les dételait pour se rafraîchir à une source ou patauger dans un ruisseau. Un jour, en descendant la côte de la laiterie à Grand-Hallet, il ne put descendre de la charrette qui ne cessait de prendre de la vitesse, arrivé au pied du "Thier" les chiens virèrent à droite à une allure folle et l'équipage prit un tournant sur une roue, frôlant la culbute et la catastrophe ! Heureusement, le chargement fit contrepoids ! Tous les gosses se rendaient à l'école et au catéchisme en sabots. Et si un sabot se coupait en deux, soit en trébuchant, soit en frappant du pied il fallait avoir recours au maréchal-ferrant qui rejoignait les morceaux avec un mince bandage de fer... La réparation coûtait 5 centimes (une mastoque). Quand exceptionnellement il n'était pas occupé à une besogne d'utilité familiale Jean se plaisait à aller pêcher des épinoches (iridelles) aux 7 fontaines. Ces épinoches étaient souvent déversées dans le tonneau à eau de pluie, sous la gouttière, en façade des maisons. Là, on pouvait les observer à loisir. Lors d'une kermesse à Grand-Hallet, le papa Dardenne donna 5 centimes à chacun de ses enfants. Quelle aubaine ! Jean se précipita à la baraque foraine et s'acheta un petit drapeau belge en papier. Il était fier d'arborer les 3 couleurs nationales au bout de son bâtonnet de bois blanc. Rentré à la maison, il se fit réprimander par son papa qui jugea qu'il avait fait un mauvais achat. Honteux comme un renard, il fit appel à la clémence du forain pour faire un échange ! L'honneur était sauf. Avant la guerre 14-18, il n'était pas rare de voir des clowns (descendants des ménestrels) chanter et faire des pitreries dans la cour des fermes pour obtenir une aumône. Les enfants les appelaient des "gugusses". Jean imitait volontiers un "gugusse" très familier qui portait une large ceinture garnie de grelots et d'"apertintailles" diverses et qui se donnait des coups de cravache en dansant pour mieux faire vibrer tous ses instruments sonores. Il lui prenait parfois la fantaisie d'accrocher un ou deux grelots à sa ceinture et d'emprunter une cravache de son frère pour aller faire le "gugusse" dans le voisinage. Point de scrupules, puisque cela rapportait !

La vie au village

Comme dans toutes les maisons d'ouvriers, la maman devait tirer son plan pour subvenir aux besoins de sa famille. Le salaire du papa n'était pas suffisant pour nourrir tout le petit monde. Chez Dardenne, la maman élevait 2 cochons, 1 mouton, des lapins et des poules. A tour de rôle, les enfants conduisaient les cochons et le mouton aux champs. Jean aimait bien ce rôle de pâtre car il adorait faire claquer le fouet. Les animaux passaient sur les talus, dans les jachères et dans les regains après la moisson. Au temps de la moisson, la maman et les enfants allaient glaner dans les éteules. Après la rude journée les glanes de chacun étaient rassemblées en gerbes (méhons) que femmes et enfants portaient sur le sommet de la tête. Il arrivait parfois que des resquilleurs ne se contentent pas de glaner mais tiraient une poignée d'épis aux javelles ou aux dizeaux. Dès la fin de l'été, les épis étaient coupés puis battus au fléau et le grain était vanné en plein air en l'agitant dans un van en osier ou dans un grand couvercle de marmite. Le grain donnait de la farine aux gens et du son aux animaux, la paille servait de litière dans les étables. On allait glaner des pommes de terre après la récolte et des racines de betteraves (bètchette) avec lesquelles la maman préparait la pâtée pour les animaux domestiques (li tchournée) qui parfumait les chaumières les soirs d'hiver. A la fin de l'automne, on tuait un des deux porcs et on vendait l'autre à un marchand ambulant. Le porc abattu fournissait la viande pour tout l'hiver (lard et jambons salés et suspendus au plafond de la cuisine par des anneaux encore visibles dans les chaumières). Le prix du porc vendu permettait de racheter des gorets (porcelets) appelés aussi "cossets". Le marchand de porcs ambulant passait dans les rues des villages en interpellant les ménagères sur le pas de la porte "rîn à vint', noss'dame ?" Quant à l'achat des porcelets, il se faisait au marché de Hannut où marchands et éleveurs exposaient les nichées dans les caisses à claire-voie où dans des petits chariots (galiots). Les acheteurs emmenaient leurs petits gorets dans des sacs en jute qu'ils portaient à leur dos où qu'ils déposaient dans une brouette. Jean se souvient qu'il accompagnait sa maman et qu'il transportait les porcelets (enfermés dans le sac) dans une brouette. Ceux qui transportaient leur précieux fardeau sur le dos avaient immanquablement le veston... et le pantalon maculés par l'urine des jeunes animaux emprisonnés ! On ne se formalisait pas pour si peu ! Le soir, la maman trayait la brebis et le bon lait écrémé était apprécié de toute la tablée. L'agneau était aussi sacrifié et tué au moment de la kermesse. C'était un petit extra qui faisait plaisir. La laine de mouton était filée et fort utilisée pour la confection des chaussettes et des "grosses laines". La crème du lait, accumulée dans une terrine, était battue pour en obtenir du beurre, en fin de semaine.

La première communion


Comme tout le monde, Jean a fréquenté le catéchisme pendant 2 ans - messe tous les jours à 7 heures - catéchisme de 7 h.30 à 8 h.30 - le dimanche : assistance à la messe, aux vêpres à 14 heures et au salut à 16 heures ! Pour la communion, en 1908, ils étaient 22 filles et 16 garçons. De son passage au catéchisme, Jean conserve deux souvenirs... Il fallait apprendre la réponse aux questions de manuel par cœur... et on ne comprenait pas toujours ce qu'on récitait. Ainsi, à une question, Jean devait répondre "et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elles" et dans son empressement il débita "et les portes des fenêtres ne prévaudront pas contre elles"... ce fut l'hilarité générale dans l'église (ce qui était interdit !) et Jean, rouge de confusion, fut le point de mire des railleries après le catéchisme. A une autre occasion, il se souvient que sa sœur fut félicitée par Monsieur le curé parce qu'elle avait récité toute une série de réponses sans aucune erreur. Pour la récompenser, Monsieur le Curé lui offrit une boîte à cigares qu'il croyait vide (cela convenait comme boîte à ouvrage pour travaux à l'aiguille). A peine sortie de l'église, la petite Emma ouvrit la boîte et découvrit deux belles rangées de cigares. Fort sollicitée par les garçons, elle en distribua sur son chemin de retour à la maison... Maman en fit autant... Quelle aubaine pour les fumeurs ! Mais en fin de matinée Monsieur le Curé aperçut sa méprise et il se précipita rue du Saule Benoît pour faire un échange avec une boîte vide... il était trop tard ! Imaginez la tête de Monsieur le Curé et celle de la maman Dardenne ! Pas de banquet pour la communion, ni de cadeaux, mais il fallait absolument que la famille se saigne pour acheter un costume, des chaussures, un chapeau (obligation morale !)

Au boulot


A 12 ans, Jean fut embauché aux cristalleries du Val-Saint-Lambert en même temps que son ami Lecocq. Ils s'y rendaient en train (Hannut-Statte-Val). Ils y étaient internes. L'usine était dotée d'un phalanstère pour la vie commune (réfectoire - dortoir - salle de réunions - terrains de jeux). Il y avait un seul surveillant pour toute une brigade de jeunes. Les ordres étaient annoncés par les appels d'une cloche (lever, déjeuner, travail, récréation...). Jean se souvient des bagarres fréquentes qui éclataient entre adolescents des villes et des campagnes. Ils se battaient à coups de sabots. Jamais le surveillant n'intervenait et des clans se formaient. Le travail de Jean consistait à porter des verres chauds (saisis par des pinces en amiante) sur une "ferrasse" située au bout d'une volée de marches. Il fallait courir pour que le verre ne refroidisse pas trop. Quand la "ferrasse" était complète, les garçons chantaient la ritournelle "tchèssî les ferrasses". C'était le signal, pour l'ouvrier préposé à cet effet, de glisser le lot de verres dans un autre four ! Les enfants faisaient ce boulot à longueur de journée, pendant 10 ou 12 heures. Ils gagnaient 10 frs par mois qu'ils rapportaient à maman. En récompense, ils avaient quelques centimes pour leur "dimanche" (argent de poche). Tous les gosses avaient une tenue de travail fournie par l'usine (culotte, sarrau, sabots) cette tenue permettait de mieux surveiller les évasions. Beaucoup de jeunes s'y ennuyaient, ce phalanstère ressemblait étrangement à un cloître (ou à une prison), Jean s'y amusait bien car il a toujours aimé le travail organisé. Après le repas du soir, et le dimanche on pouvait jouer sur la plaine (principalement aux échasses et au saut en hauteur avec tremplin - la réception était amortie par un vieux matelas). Après un séjour de 3 mois Lecocq s'ennuie ferme et commence à miner le moral de Jean... 8 jours de démoralisation ont suffi pour ramener les deux garnements à Grand-Hallet. Chez Dardenne, l'oisiveté n'a pas droit de cité aussi Jean va apprendre le dur métier de casseur de pierres. A manipuler les pierres aux arêtes vives et les lourds marteaux, Jean aura souvent les doigts en sang. La peau des mains s'usait douloureusement et bon nombre de jeunes se protégeaient avec des maniques ou des bandages en loques. Puis, dans le souci de gagner plus d'argent, ce fut l'exode au pays de Liège d'abord à Sclessin chez Quétin où Jean devait transporter des morceaux de fonte. Un bélier, soulevé par un treuil, retombait sur des lingots de fonte et Jean devait en évacuer les morceaux pour les besoins de la fonderie. Puis ce fut l'embauche aux usines Cockerill à Seraing (il y restera 30 ans !) Son premier boulot fut comme débardeur de charbon sur les péniches à quai. Ensuite, il changea de division pour travailler à la cockerie. Il avait la mission d'inspecter (trous, portes) de répertorier (numéros, tare, poids brut, poids net) de charger et de véhiculer les wagons à travers la division de l'usine. C'était au treuil, à la main, avec un câble d'acier, que la rame de wagons était tractée. Là, Jean avait de grosses responsabilités. Il s'y amusait bien et il gagnait bien sa vie.

La guerre 14-18


Peu de souvenirs de cette guerre si ce n'est qu'il fallait travailler en mangeant peu... Le lard d'Amérique distribué par le service de ravitaillement venait en tonneaux, par bateau. Il sentait très fort le pétrole ! Lors de l'arrivée des Allemands, il courut avec toute la jeunesse de Grand-Hallet vers !es "6 bonniers d'âffe", non loin de la route de Tirlemont, entre Grand-Hallet et Hannut. Le bruit courait qu'un Uhlan allemand (estafette) y avait été abattu par un soldat belge... Mais l'Allemand n'était que blessé et il fut évacué par d'autres militaires allemands.

Jeunesse en pleine guerre


La guerre surprit Jean dans sa 20e année. A l'issue de la guerre, il avait 24 ans ! Il passa ses meilleures années dans l'austérité et les restrictions. Quand il était gamin, il allait écouter les musiciens qui animaient les bals dans les cafés. Lorsqu'il devint adolescent (l'âge où on regarde les filles et où on les invite à danser) il se referma sur lui-même, il n'aimait pas la danse et sa timidité naturelle ne l attirait pas vers les salles de bal. C'est ainsi qu'il n'a jamais fréquenté les cafés. Il ne boit ni bière, ni vin, ni alcool. Il n'en connaît pas le goût et cela ne l'intéresse pas ! Par contre, il a toujours été attire par la presse (les journaux et les illustrations). Comme il avait eu son premier vélo à 17 ans (acheté chez Dubuisson, à Thisnes) il passa ses dimanches en randonnées à travers la région. Quand le temps le permettait, il poussait une pointe jusque Namur pour aller acheter des illustrations (il faisait donc 70 km pour se procurer de la lecture divertissante !). En ce temps-là les vélos n'avaient pas de sonnette mais un simple grelot suspendu au guidon, pareil à celui qu'on suspendait au collier du cheval.

Le service militaire


Comme tous ceux de sa génération, il fut appelé sous les armes après la guerre 14-18. Il avait 23 ans quand il fut enrôlé au 20e de Ligne. Il occupa le secteur belge en Allemagne, à Kempen, il ne resta que 4 mois sous les armes puis fut démobilisé en sa qualité de soutien de famille. Il était zélé et appliqué. Aussi, à l'heure actuelle, il peut encore énumérer, article par article, les instructions sur l'utilisation et le maniement du fusil belge.

Le mariage


Jean emménage seul dans une maison qu'il achète à Jemeppe S/ Meuse rue du Bois de Mont. Il y accueillera sa maman souffrante. En 1924, il se marie; il a 30 ans... A Liège, il fait la connaissance, de Agnès Grimbérieux, une jolie fille de son âge. Très sentimental, il lui adresse parfois des lettres et des cartes. Il connaît encore, de mémoire un tendre acrostiche qu'il rédigea sur une belle carte illustrée. Adorée petite amie te souviens-tu de ton Grand ami qui pour toi ferait des folies Ne le laisse pas languir petite amie Est-il possible d'être si cruelle pour celui qui Se ferait mourir pour son amie chérie Jean et Agnès ont uni leurs destinées pour le meilleur et pour le pire. De leur union naquit une fille : Gilberte (épouse du docteur Collon). En 1926, Jean connut les inondations catastrophiques de la vallée de la Meuse. Il se rendait à son travail en traversant la Meuse sur un chaland. La foule des ouvriers se tenait debout sur la proue, la poupe et les flancs du bateau. Un jour, un longeron céda sous le poids de sa charge et des dizaines de personnes furent précipitées dans le fond de la cale où ils prirent un bain dans l'eau qui y stagnait. On en retira plusieurs blessés.

Guerre 40-45


Pendant la guerre les foyers du bassin liégeois durent lutter contre la faim. Jean n'y échappa pas ! Il eut faim, et sa famille aussi, il revenait à vélo de Jemeppe à Grand-Hallet pour venir glaner et emporter les quelques victuailles que sa sœur (Madame Robert) essayait de lui procurer. Comme tous les habitants de la périphérie de la Cité ardente (voisin des ponts, des voies ferrées et des usines) il a passé beaucoup d'heures dans l'angoisse des bombardements aériens et des fusées volantes (V1 et V2), il a aménagé une cave bien étançonnée en chambre à coucher, avec raccordements à la cheminée pour pouvoir chauffer en cas de prolongation des alertes. La retraite A 61 ans, Jean prend sa retraite. L'usine permet la pension anticipée. Il y a 32 ans qu'il est pensionné ! Pendant cette période, il connaît une activité débordante. Il entretient son jardin amoureusement jusqu'à l'âge de 86 ans. Il fera de la peinture sur bois et sur éternit. Il fera de la poterie. Il garnira sa cuisine de jolies peintures murales. Il bricolera sans arrêt. A 85 ans, il fait une chute à vélo, en bloquant à un feu rouge. Il est transporté en clinique avec un poignet cassé. Il exhibe maintenant un poignet mal remis à défaut de soins adéquats ! Dans son souci de la précision en toutes choses, il compulsera son dictionnaire par plaisir... Aussi c'est un charme de dialoguer avec lui, il emploie le terme propre en toute circonstance et il a horreur des approximations. Quand il a senti que son âge devenait un handicap à une vie indépendante, il a choisi, en accord avec son épouse, la vie simple et sans heurt dans une seniorie de son pays natal où il coule des jours heureux. Son sens de la représentation artistique lui est venu de la consultation des illustres. Avant la guerre de 40, il lisait très souvent l'hebdomadaire illustre "A-Z" édité par la presse socialiste. Il admirait certaines photos, certains paysages qu'il s'amusait à reproduire. Son grand souci de l'économie lui a fait choisir des matériaux gratuits. C'est ainsi qu'il a peint sur bois, sur éternit. Il a tourné des poteries en ciment d'Alsace (et non en terre à sculpter). Il a aussi fait des fresques avec du ciment coloré, qu'il vernissait. Il a construit un tour de son invention avec un gabarit qui lui permettait l'usage de matériaux à modeler à prise rapide.

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Peinture sur bois et sur eternit réalisées par Jean Dardenne. Il en a réalisées des dizaines dont quelques exemplaires se trouvent à la séniorie

Modestie et simplicité


Jean continue à vivre comme il a toujours vécu : dans la simplicité, à côté de son épouse. Il adore la vie toute naturelle, sans aucune ostentation. Il n'a jamais voulu qu'on fête ses noces d'argent, ses noces d'or. Lui demandant le secret de sa longévité il répond "manger peu, garder un reste d'appétit, ne rien boire d'excitant, je ne bois que du lait... Je me repose beaucoup, je me mets au lit après le premier journal télévisé du soir". Je ne fume jamais... comme tous les gosses j'ai fumé quelques cigarettes vers 9 ans, cela me donnait chaque fois la migraine; alors j'ai mis un terme pour toujours à l'usage du tabac. Un seul regret : "je ne connais plus personne à Grand-Hallet si ce n'est Louise Rassart qui fut interviewée par la Clarine l'an dernier, mais que je n'ai plus revue depuis des lustres. Et cependant mon cœur est toujours à Grand-Hallet".

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Jean et Agnès lors d'une réception à la seniorie

Tous nos vœux


Jean est heureux de nous dire que sa fille et le docteur Collon viennent l'embrasser tous les samedis. Jean et Agnès ont 5 petits-enfants (Henri, Bernadette, Véronique, Jean-Paul et Myriam) ils ont aussi 6 arrière-petits-enfants). Le docteur Collon et Madame ont adopté 2 enfants maigre leur famille nombreuse (1 garçon hindou et 1 fille coréenne). Jean est fier d'une telle générosité familiale. Quel grand cœur !
L'Aronde et sa rédaction souhaitent à Jean et à Agnès une bonne santé, une vie paisible et heureuse. Qu'ils sachent que tous les lecteurs de l'Aronde leur témoignent une grande sympathie et une réelle affection.

Commentaires

avatar Jean Grimbérieux
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J'ai été très intéressé par cet article et je souhaite à Jean Dardenne et à Agnès Grimbérieux encore bien des années de bonheur ensemble. J'ignore à quel degré je suisparent avec Madame, mais il est évident que nous sortons de la même souche. Moi, je suis originaire de Saint-Nicolas lez Liège.
Jean Grimbérieux
avatar BARON Michèle
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Es-tu le Jean Grimbérieux que j'ai connu à l'Athénée de St-Georges/S/Meuse ? Si oui, voici un petit bonsoir bien amical. Michèle
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Mise à jour le Vendredi, 16 Janvier 2009 11:41