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Jenny Bolly-Charlier

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Hesbignonne de souche, Hesbignonne de cœur...
Chantre des campagnes de Hesbaye...

 

Jenny BOLLY-CHARLIER,

peintre adorable de nos moissons, nous dit sa joie de vivre, de peindre, d'écrire, d'étudier, de respirer dans l'amour de la nature.


En octobre 1985, Jenny Bolly dédicace un exemplaire de son admirable plaquette "jeunesse" à l'auteur de ces lignes, lui rappelant qu'elle est "presque hannutoise" et qu'elle reste toujours "amoureuse de ses plaines". C'est vrai, nous confie Jenny Bolly, qu'on garde toujours un peu de terre à la semelle de ses souliers quand on part. C'est ainsi qu'elle ne conçoit pas la vie sans un ressourcement de ses états d'âme en faisant de fréquentes visites à Villers-le-Peuplier, son village natal.

Bénie soit mon enfance (premier titre du recueil poétique)

C'estlà, à l'école communale qu'elle voit le jour. Son papa, Oger Charlier, y est instituteur.(Originaire de Vaux-Borset, il a fait ses études à l'école normale de l'Etat de Nivelles et devient le premier maître d'école de Villers-le-Peuplier). Sa maman est villersoise, elle appartient à la génération des travailleurs de la terre qui a l'immense privilège de faire produire la "meilleure terre de Belgique". Alice Bovy est née dans une maison sise non loin de l'église, non loin de l'école et qui subsiste toujours. Certes les contrevents n'existent plus et le modernisme y a mis sa griffe mais les murs sont toujours là, témoins d'un passé plein de charme. Jenny ne connaît que très peu les filles de son âge, car le papa Charlier obtient de monsieur l'inspecteur une dérogation lui permettant d'instruire sa tille dans la classe des garçons ! Elle fait toutes ses primaires, seule sur un banc, dans une classe de garçons. Elle s'entend très bien avec eux et obtient d'eux la garde de grands secrets d'enfants (qu'elle n'obtiendrait pas d'un fille !). Son papa est un maître d'élite et reconnu comme tel par l'inspection et le Ministère des Sciences et des Arts. (On ne parlait pas alors d'Instruction publique ou d'éducation nationale) - II eut beaucoup à souffrir, comme tous les maîtres de sa génération, de tous les préjugés dont furent victimes les pionniers de l'enseignement communal non confessionnel. Mais, sa conscience et sa droiture lui valurent la considération unanime, le respect et la vénération de toutes les générations qu'il a formées - Jenny est confiée à l'Ecole moyenne de l'Etat à Huy après son école primaire. Là, elle ne trouve que des filles et des professeurs féminins. C'est une atmosphère qu'elle supporte mal. Où est donc cette éducation droite, réaliste, naturelle et sans ambiguïté de son école primaire ? Jenny termine brillamment sa première année puis déclare à ses parents son adversité pour ces études... Elle ne veut plus continuer cette expérience. C'est ainsi que Oger Charlier confie les études secondaires de sa fille à deux préceptrices hannutoises, les sœurs Guéry (dont l'une est professeur de musique et de peinture et l'autre professeur de cours généraux). En dehors des heures (trop rares) de leçons particulières, Jenny devient une parfaite autodidacte. Elle bouquine du matin au soir et son désir de savoir devient insatiable. Peu douée pour les mathématiques, elle connaît un revirement extraordinaire sous les conseils éclairés de monsieur Lheureux, le maître d'école qui succède à son père. Elle finit par manipuler les sciences exactes avec aisance. Le papa Charlier, contemporain de Hubert Krains, se passionne pour cet auteur wallon qui vient de connaître une promotion flatteuse, puisque désigné pour représenter la Belgique à la poste universelle à Berne. (Krains est né à Les Waleffes, Charlier est né à Vaux-Borset : ce sont des voisins... et ils ont fréquenté l'Ecole moyenne de Waremme). Oger Charlier donne des conférences un peu partout sur l'auteur du "Pain noir" et fait partager à son auditoire les beautés saisissantes de "Figures du pays". De Suisse, Hubert Krains apprend l'admiration dont il est l'objet et en guise de remerciement, il envoie un livre d'images dédicacé à Jenny.

La vie est une lutte

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Jenny Bolly devant le centre culturel qui porte le nom de son père «Oger Charlier». C'est à l'école commu-nale que jenny retrouve la maison natale.

Nantie de son bagage d'autodidacte, Jenny se présente à 19 ans, à l'examen d'institutrice, devant le jury central. Parmi 175 candidats, 4 seulement ont choisi l'option "morale" qui a la réputation d'être fort sévère. Et la série d'examens commence par l'option ! Qu'on juge donc du titre ! "Prouvez que l'acte humain, qui est l'acte conscient et libre, est imputable à l'homme dans la mesure précise de sa conscience et de sa liberté". Il s'agit là d'une thèse philosophique qui n'est pas prévue dans le programme des écoles normales ! Jenny est désespérée et elle se lève, la colère au cœur... "Où allez-vous mademoiselle ?" lui lance le président... Jenny se rassied et donne libre cours à sa plume... A l'examen de mathématique on lui impose une leçon sur l'extraction de la racine carrée (qui fait encore cela en primaire ?) Pour sa didactique en langue maternelle, on lui demande une rédaction en 4e primaire. On lui confie un échantillon embarrassant : 4 filles de 9 ans qui jamais n'ouvriront la bouche et jamais ne répondront à la moindre question (sont-elles conditionnées ?) Saisissant le taureau par les cornes Jenny affrontera courageusement le jury : "Messieurs, puisque j'ai devant moi 4 muettes, je me permettrai de faire les questions et les réponses pour conduire ma leçon à son terme !" Et la leçon sera un long monologue où les fillettes seront des statuettes. Elle passe son examen d'aptitude avec brio et lance au jury, lors de la remise des diplômes "Messieurs, vous avez tout fait pour me descendre... merci !"
Elle sort de la salle, la tête haute à la grande stupéfaction d'une salle plongée dans un silence sinistre !

La guerre 14-18

J'ai le souvenir fort précis de l'arrivée des premiers Allemands à Villers. Maman et moi étions assises devant la maison communale que nous fûmes surprises par le bruit très martelé d'un galop de cheval. Maman dont la vue était peu précise sur les objets éloignés me dit "qu'est-ce qui arrive là ?" Je lui précisai "ce sont des cavaliers allemands" Réfugiées dans le jardin, nous pouvons les guetter en toute discrétion. Il s'agit de 4 Uhlans qui descendaient le chemin de la Crosse. Bien plus pénible est le souvenir de l'annonce du décès de Victor Forceille en Allemagne. C'était un très gentil garçon, victime de son devoir. A l'occasion de ses funérailles, j'ai participé à la rédaction de son éloge funèbre. Ce fut un jour de consternation, chaque famille de Villers a pris part au deuil de la famille. Chaque année à l'époque des vacances, j'allais passer quelques semaines à Vaux-Borset chez mes grands-parents paternels. Là j'avais noué de solides amitiés avec tous les jeunes du village et particulièrement avec un voisin d'en face que j'appelais le petit Albert. Pendant toute la guerre, Albert a disparu de Vaux. Où était-il ? Incidemment, maman et moi évoquions la gentillesse de ce garçon passant en revue toutes les figures amies. Où était Albert ? Peut-être tué à la guerre ? Personne ne savait. Ce n'est qu'après l'armistice qu'une rencontre fortuite avec un membre de sa famille nous apprend, qu'il vit à Bruxelles pour des raisons professionnelles, après un long séjour en Angleterre.

Albert Bolly, l'évadé

Alors qu'il était étudiant à l'Athénée de Huy, le petit Albert prit la décision de quitter la Belgique, il supportait mal l'occupation allemande, et voulait prendre une part active à la libération du pays. Après avoir réuni un budget suffisant, il passa la frontière et rejoignit l'Angleterre pour être incorporé dans les forces armées belges. Quelle ne fut pas sa déception d'être refusé pour une insuffisance visuelle ! On lui découvrit un astigmatisme (fort exagéré !) dont il jamais souffert et dont on ne parla plus jamais dans des examens ultérieurs. N'étant pas admis comme réfugié s'il n'avait un emploi, il se refusa à rentrer en Belgique occupée et chercha un emploi. Il passa par les plus petits services dont garçon-épicier puis manœuvre d'usine jusqu'au jour où il rencontrera un ingénieur hutois qui dirigeait une usine de munitions en Angleterre. Il en devint le directeur commercial puis le secrétaire-fondé de pouvoir. C'est à cette place de confiance qu'on le retrouve à Bruxelles après la guerre.

Le mariage

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Jenny et Albert Bolly au Foyer du Théâtre lors d'une exposition pour la fondation Lecrenier.

Jenny s'est bien promise, avec l'accord de sa maman, de devenir l'épouse d'Albert si les sentiments et les états d'âme de l'enfance et de l'adolescence n'ont pas perdu de leur pureté. Et c'est ce qui arrive ! Jenny est demandée en mariage par Albert et ils s'unissent pour le meilleur et pour le pire. Garçon entreprenant, Albert Bolly fonde à Huy une entreprise de transports qui connaît tout de suite un essor formidable et ne cesse de cumuler les succès. Ce sont les entreprises "A.B.C." (sigle que se rappellent tous les Hutois).

Place à la peinture

Jenny a toujours aimé s'exprimer par le dessin et la couleur. Déjà à l'école primaire elle dessine par plaisir. Chez les demoiselles Guéry, elle s'initie à la peinture et à la pyrogravure. Elle prend goût à la peinture et se révèle la vocation de peintre sur nature. Elle s'inscrit aux cours de dessin à Huy où elle reçoit une formation d'Académie des Beaux-Arts. Désirant progresser dans son art, elle aura pour compagnon des peintres affirmés tels que Robert Mohr et le docteur Lecrenier. Jenny trouve en son mari un admirateur et un réconfort moral. Albert ne cesse de l'encourager et elle sera la disciple zélée et appliquée des ateliers du peintre Alfred Marjin (où elle apprend le nu) et du peintre Loulou Zomers (où elle parfait l'étude du nu et des fleurs). Très souvent elle vient en train jusqu'à la gare d'Avenues. Elle y dépose son chevalet et son matériel, va à la recherche d'un "coup de cœur" puis vient récupérer ses pinceaux et sa toile et passe des moments de véritable bonheur à confier les beaux coins de sa Hesbaye à la toile. Ses plus belles oeuvres sont des moissons qu'elle découvre dans la campagne entre Villers et Avennes. Elle nous confie qu'elle peint tous les jours. La peinture fait partie de sa vie. C'est un véritable viatique et la peinture se conjugue avec amour.

Amoureuse des arts

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A Fallais lors de la revue «Fallis l'faire», Jenny Bolly récite en wallon «Le corbeau et le renard».

Madame Bolly est attirée par tout ce qui est beau, tout ce qui est poétique. Elle s'inscrit aux cours de diction et d'art dramatique au Conservatoire de Huy où elle décroche un premier prix dans chaque discipline. Elle assure son concours à plusieurs troupes et adore se trouver sur les planches où elle s'exprime avec une aisance et un talent extraordinaires. A Fallais lors de la revue "Fallait l'faire ", Jenny Bolly récite en wallon "Le corbeau et le renard". Elle tient, au fur et à mesure des titres à l'affiche, tous les rôles de soubrette de Molière. Elle excelle aussi dans les rôles de récitante, tant en français qu'en dialecte. Douée d'une mémoire prodigieuse, elle sait se mettre dans la peau de tous les personnages et elle sait être artiste dans tout ce qu'elle entreprend.

Un couple de patriotes au grand cœur

Les affaires des entreprises Bolly-Charlier sont prospères mais Albert et Jenny ne trouvent le bonheur que dans celui qu'ils donnent... On les retrouve dans les cadres dirigeants de la section locale de la Croix-Rouge. Albert devient administrateur puis président de la Croix-Rouge, Jenny est ambulancière-chef, puis chargée de cours et animatrice de cours techniques de premiers secours. Dans la perspective d'une mobilisation, Albert aurait grade d'officier et Jenny serait sergent instructeur. Parfois le hasard fait des coïncidences étranges... Ecoutez plutôt. Le 9 mai 40, la Croix-Rouge de Huy remet des diplômes à une promotion d'ambulanciers et continue la soirée par une petite réjouissance. Monsieur et Madame Bolly, heureux de l'issue de leur œuvre commune rentrent "so l'houp'diguet" (un peu éméchés !) et se mettent au lit assez tard. Vers 5 heures du matin, le 10 mai 40, Monsieur Bolly sursaute, arrache Madame Bolly à son sommeil et murmure avec émotion "Jenny, c'est la guerre !... Il disait vrai ! Le journal parlé matinal annonçait le franchissement de nos frontières par les blindés allemands et par l'aviation. "Le pays nous attend; le devoir nous appelle" et le couple Bolly-Charlier prend ses responsabilités : "nous ne ferons rien pour nous exposer mais rien n'arrêtera notre sens du devoir !"

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S.M. la Reine Fabiola s'entretient familièrement avec Jenny Bolly

La mobilisation et l'hôpital de campagne

La Croix-Rouge est mobilisée, Huy est une ville stratégique, (la Meuse, la caserne, le pont routier, le pont ferroviaire, les gares, les usines...) L'ordre est donné d'évacuer au plus tôt la rive droite et la Croix-Rouge installe l'hôpital au Val Notre-Dame, au bord de la Mehaigne, dans un décor paisible. Monsieur et Madame Bolly se voient offrir un relais et un gîte chez Monsieur Limage, parlementaire, à Wanze. La première mission urgente est d'évacuer l'hôpital Saint-Mort (clinique Reine Astrid). Les deux ambulances conduites par Monsieur Bolly et par son contremaître ramènent tous les opérés à domicile et évacuent le matériel au Val-Notre-Dame.Puis commencent les transports des belges blessés sur nos routes dans l'enchevêtrement des convois militaires et d'évacués. Les ambulances ne suffisent pas ; Madame Bolly y ajoutera sa voiture personnelle qu'elle conduira elle-même. Les bonnes sœurs du Val assurent les soins. Dans toutes les interventions d'urgence, i faut se convaincre qu'un carrefour ou un pont est à la merci d'in ordre de dynamitage. C'est une course contre la montre et un défi à la mort. Il a même fallu conduire des blessés jusqu'à Ramillies où fourmillent des unités de combats françaises. En rentrant d'une dernière mission Monsieur et Madame Bolly font partie d'un convoi qui est mitraillé par l'aviation allemande. Ils se serrent l'un contre l'autre car ils ont fait le serment de ne pas se quitter et de mourir ensemble... Ils sont dans la côte de Vinalmont... Le but est tout proche. Le véhicule a été atteint de deux balles, l'une a percé l'habitacle, l'autre a troué le réservoir à essence. Le véhicule est désormais cloué au sol ! Tout le personnel de l'hôpital dort sur la paille, les lits sont réservés aux blessés et aux militaires. A l'arrivée des Allemands, la voiture personnelle de monsieur Bollv est réquisitionnée... Il la retrouvera 3 ans plus tard à Bois-Seigneur-lsaac où un belge peu scrupuleux se l'est appropriée... Il la déclarera, contraint et forcé, lors d'un recensement des véhicules opéré par l'autorité d'occupation... Elle était devenue un poulailler ! La guerre est longue et il faut "servir" (c'est la devise de la Croix-Rouge). Monsieur Bolly s'occupe du colis du prisonnier qu'il organise de mains de maître. Quand le chemin de fer ne peut assurer l'acheminement des précieux colis, c'est un camion de la firme Bolly qui y suppliée. Dans l'organisation du service, Monsieur Bolly réserve à son épouse la responsabilité la plus ingrate et la plus délicate. Elle est chargée du service des décès. Réception des avis, annonce aux familles, rapatriements, formalités d'enregistrement et de déclaration à l'état-civil. Elle aura 52 missions à accomplir... Elle en assurera 50... Devant les détresses et les douleurs accumulées, elle va "craquer". La dépression a raison de son courage... Les déclarations de décès des militaires tombés lors des combats, n^ris en clinique, ou en captivité f l'objet de dossiers impeccables où les Allemands se révèlent d'une précision toute militaire. Mais quand il s'agit de décès de prisonniers politiques, de résistants, de déportés, rien n'est mentionné avec exactitude. Ce sont des présomptions, des probabilités, des disparitions. Ce doute rend encore plus atroce l'annonce des décès. Sur les 52 cas, il y a 40 dossiers militaires et 12 dossiers civils.

La guerre ne profite pas aux patriotes

Les entreprises de transport Bolly-Charlier sont plumées pour les besoins de la guerre. En 1940, un camion réquisitionné par l'armée belge n'est pas récupéré. En 1940, encore, la voiture personnelle est enlevée par les Allemands. De 1940 à 1944, Monsieur Bolly se refuse à travailler pour l'occupant et se contente de petits transports particuliers. Pour ne pas livrer son personnel et ses chauffeurs à la Werbestelle, il continue à les employer (la plupart du temps à ne rien faire) et à les payer. Les fonds de l'entreprise s'épuisent. Les véhicules déclassés ne sont plus remplacés. Le carburant manque, l'équipement au gazogène coûte cher et est peu efficace... Et puis la retraite allemande vide les garages. Les époux Bolly-Charlier sont au bord de la ruine mais l'honneur est sauf ! Leur entreprise est en première ligne dans les sinistres de guerre répertoriés à Huy. Toutes les semaines Monsieur et Madame Bolly se rendent de Huy à Villers à bicyclette et comme tous les belges démunis ils luttent pour manger et pour survivre. La maman Charlier aura le bonheur de connaître la libération et de revoir ses enfants Albert et Jenny, dans ce cher village de Villers, jusqu'à son décès en 1946.

Et maintenant ?

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Jenny Bolly dans son atelier de peinture (septembre 1982)

Monsieur Bolly est décédé en 1976 laissant à sa veuve ce message d'amour, au moment même où ses forces l'abandonnent : "Je ne sais pas si une femme au monde aura été plus aimée, plus admirée que toi". Madame Jenny Bolly est la grande dame qui fait l'admiration de tous, tant pour ses multiples talents que pour son courage, son dynamisme, son amour du beau, sa générosité. Pendant la guerre, elle donne 30 de ses œuvres pour alimenter les caisses d'entr'aide aux prisonniers de guerre qui organisent des concerts avec tombolas. Aux familles éprouvées par des disparitions, elle donne le meilleur d'elle-même pour panser les blessures morales et physiques. Aux prisonniers peu privilégiés à cause du dénuement de leurs familles, elle réserve des colis anonymes. A la Croix-Rouge, elle consacre toutes ses ressources (et celles du couple). Puis, la famille Bolly-Charlier se relève insensiblement de sa déprime.

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Jenny Bolly-Charlier lors d'un exposition de ses œuvres à Hannut.

Elle a fini de manger son pain noir. Jenny Bolly, artiste peintre, organise sa première exposition en 1950. Elle en organise des dizaines à des fins philanthropiques. Sa prochaine aura lieu pendant tout le mois d'août au château féodal de Fallais dans le cadre du grand événement artistique « Couleurs en Val Mosan ». Infatigable et éternellement jeune, elle anime des conférences (voir Jacques Brel), des récitals de musique et de poésie, des clubs de jeunes et d'adultes. Elle peint tous les jours, elle écrit tous les jours, tout le mobilier et toute la décoration de son salon ont été créés et exécutés par elle ! Après son livre de poésie « Jeunesse », elle prépare un second recueil. Jenny Bolly est présidente du "Cwèrneu", elle est présidente de la fondation "Lambert Lecrenier", elle est créatrice de la fondation "Bolly-Charlier", elle fut la présidente du "Soroptimist club", elle est présidente du jury "Prix Durbuy", elle est membre de toutes les associations culturelles de la région et plus spécialement de "l'Alliance française".

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Notre illustre hesbignonne devant la galerie Juvénal, à Huy.

Hommage de l'Aronde André Chenier écrit "l'art ne fait que des vers, le cœur seul est poète". Madame Bolly vous êtes, en val mosan, l'artiste et le poète. Vous nous réapprenez à aimer la nature et plus spécialement la terre de Hesbaye : ce bon limon qui fait le bon froment et nourrit le bon peuple de Hesbain. Votre popularité, le courant d'optimisme que vous faites passer parmi les générations dément le dicton "nul n'est prophète en son pays".
Vous êtes la gracieuse exception qui confirme la règle.
Merci pour tout.

Des milliers d'admirateurs, aujourd'hui, vous embrassent affectueusement.

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Mise à jour le Vendredi, 16 Janvier 2009 16:49