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Nos Maîtres

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Quand nos instituteurs et institutrices étaient « NOS MAÎTRES »

Véritablement investis d'une "maîtrise" ils nous façonnaient !
Ils étaient les "architectes" de notre formation...

 

Une récente biographie d'Emile Brien : le maître, le bibliothécaire, le géomètre, le musicien (dont les anciens Hannutois se souviennent avec vénération), nous avons voulu consulter l'album des souvenirs de Jenny Bolly (artiste peintre) et de Jeanne Marsiat (madame Delmez) dont le papa et la maman furent respectivement maître et maîtresse d'écoles à la fin du siècle dernier. Cette rétrospective nous amène d'abord à Villers-le-Peuplier dont le centre culturel porte le nom du vieux maître "Oger Charlier".

1. Oger CHARLIER

Natif de Vaux-Borset, en 1855, Oger Charlier a fait ses études à l'école normale de l'Etat à Nivelles. Il est le premier "communal" de Villers-le-Peuplier et inaugure l'école communale, construite dès l'instauration légale de l'enseignement public gratuit dans toutes les communes qui n'avaient pas encore d'école primaire. Il est à peine installé dans ses fonctions que la funeste guerre scolaire de 1878 conduit au pilori de la chrétienté tous les maîtres publics. Le slogan "des écoles sans Dieu et des maîtres sans foi, délivrez-nous, Seigneur!" fait ses adeptes et ses ravages. Oger Charlier enseigne le catéchisme tous les jours matin et le crucifix a sa place d'honneur au-dessus du tableau noir entre les photos du roi et de la reine... Mais il est excommunié. Il n'a pas demandé ça ! Il se résigne avec fierté. Plus grave, la législation nouvelle estropie son traitement de quelques billets ce qui le porte à retarder son mariage et la prise en charge d'une famille.

L'année scolaire

En ce temps-là les grandes vacances commençaient le 25 août et se terminaient le premier octobre. Les congés ordinaires se situaient le jeudi après-midi (plus tard le congé du samedi après-midi s'y ajoute). Les congés fériés se répartissaient comme suit : 2 jours à la Toussaint, 2 jours à Noël, 2 jours au Nouvel An, puis du mercredi saint à midi jusqu'à Pâques closes, 1 jour à l'Ascension et 2 jours à la Pentecôte (faites le compte : environ 52 jours de congés annuels). L'instruction n'étant pas obligatoire, l'école se vidait à l'époque des travaux saisonniers démariage des betteraves, désherbage des champs de blé, moisson, arrachage des betteraves. Dès que l'hiver rendait impossible toute activité agricole, la classe faisait le plein. Parfois 80 garçons...(plus une fille pendant 6 ans).

L'exception temporaire

Monsieur Oger Charlier s'est marié après l'abrogation de la loi de 1878 qui lui enlevait une partie de son traitement. Après 1884, il put envisager de fonder un foyer; il avait 30 ans. Il épousa Alice Bovy et de leur union naquit une petite fille, Jenny. Cette enfant unique faisait l'adoration du maître Charlier. Comme il était bien coté de son inspecteur, ce dernier lui octroya une dérogation et permit qu'une fille soit inscrite dans la population scolaire de sa classe de garçons... Madame Berthot, l'institutrice ne s'en est pas offusquée ! C'est ainsi que Jenny ne connut jamais la classe des filles... A la récréation elle jouait aussi dans la cour des garçons.

Suite à la guerre scolaire

Nous vivons à une époque du bipartisme. Les élections rurales se font entre les catholiques et les libéraux. Ces derniers sont considérés dans leur ensemble comme des anticléricaux (bien que chrétiens et pratiquants !... L'étiquette politique colle avec la confessionnelle !) Le châtelain de l'époque ne veut pas d'un "maître excommunié" aussi il crée une école libre dans les dépendances de sa propriété, non loin de l'école communale. Oger Charlier en a vu d'autres depuis l'humiliation de son excommunication. Il ne provoque personne et continue sa mission d'éducateur. Après quelques années, le châtelain trouve que son école devient une charge et il vient demander au mayeur Bovy (qui deviendra le beau-père du maître Charlier) d'adopter son école. La réponse est négative "personne ici ne se plaint de l'instituteur, ni de l'institutrice ! Monsieur le curé vient donner les cours de catéchisme à l'école communale. Tout le monde est content et personne ne vous a demandé de créer votre école. Assumez donc vos charges vous-même. L'école libre du châtelain fermera ses portes. Les pressions scolaires furent très fortes; c'est ainsi que Jenny se souvient qu'un tailleur d'habits de Villers, fort habile pour confectionner des soutanes, a dû confier deux de ses quatre enfants à l'école libre pour sauvegarder sa clientèle "soutanes". Et puis la crainte de l'excommunication faisait réfléchir les pauvres gens qui n'avaient pas les moyens d'une école qui se paie.

Le maître polyvalent.

Indépendamment de sa classe, de son programme, de ses responsabilités Oger Charlier se rend utile dans le domaine social, culturel et communal. C'est lui qui crée à Villers-le-Peuplier le premier "secours mutuel" de l'histoire régionale, il crée aussi une école d'adultes (ou école du soir) où les jeunes ouvriers viennent librement apprendre des éléments de littérature, d'algèbre, de géométrie, de sciences, de commerce. Secondé par son épouse, il s'occupe aussi du cercle dramatique local qui joue ses concerts à la salle annexée au café Materne. Le soir, avant de prendre ses fonctions à l'école d'adultes, on le voit récupérer des forces en posant la tête sur les bras croisés, sur la table de la cuisine... il ne dort pas; il se donne un peu de répit. Il crée aussi la "chorale des adultes" qui aura ses répétitions dans sa classe le vendredi soir. Comme la commune cherche un receveur communal pour la gestion de ses finances, c'est encore chez Oger Charlier que l'administration communale vient frapper. Oger Charlier est ce qu'on appelle "un littéraire", il lit beaucoup et il s'intéresse à un auteur qui monte : Hubert Krains, un "voisin" de Les Waleffes. Il achète toutes les œuvres de Hubert Krains, s'informe sur sa biographie et commence un cycle de conférences sur l'auteur régional. De Berne où il représente la Belgique à la poste universelle, Hubert Krains apprend qu'Oger Charlier fait connaître son œuvre et son talent (jusque Liège et Verviers !). Lors d'un retour en Hesbaye, il fait escale à Villers-le-Peuplier et confie sa photo dédicacée au maître d'école, il apporte aussi un livre d'images dédicacé à la petite Jenny. Ces deux dons à grande valeur sentimentale, sont conservés avec soin dans l'atelier de madame Jenny Bolly.

Découverte des talents

Oger Charlier pousse les bons éléments de son école à poursuivre des études selon les moyens financiers de leur famille. Et il suit de près leur progression dans leurs écoles ou administrations respectives. A ce sujet il est touchant de rappeler ce que fit le maître d'école de Villers pour un petit enfant méritant et déshérité. Armand Materne est orphelin et il vit chez son frère, tenancier du café du village. Oger Charlier convainc l'aîné de la nécessité de confier Armand à l'école moyenne, car c'est un bon élément. Après avoir décroché son diplôme l'adolescent se présente à un examen d'admission aux chemins de fer. Il le réussit mais il est refoulé à l'examen médical lors de l'examen de la vue. Son dépit touche profondément le maître Charlier. Alors, la "bonne action" motive une décision radicale : chaque soir monsieur Charlier prend Armand en charge et il le prépare à l'examen d'instituteur devant le jury central. C'est une réussite parfaite ! Armand Materne fera carrière aux écoles d'Antheit. C'est lui qui assurera l'éloge funèbre d'Oger Charlier en 1933. De son côté, Armand Materne exigera qu'on l'ensevelisse avec une photo du maître Charlier en-dessous de son coussin ! (émouvant, non ?)

Personnalité du maître

Oger est avide de belles lettres et de littérature. Il possède d'ailleurs une riche bibliothèque toujours intacte ! Il a la parole facile et beaucoup d'éloquence. D'ailleurs, dans les cercles d'instituteurs, il est toujours prié par ses collègues de prendre la parole en leur nom.
Malgré toutes ses occupations pédagogiques et culturelles, il a un hobby, il aime travailler le bois... Il va suivre des cours techniques de menuiserie et se monte un atelier avec établi et outils au grenier de la maison communale.
Tous les jours Oger se rendait à pied à Hannut. Il rencontrait son collègue et grand ami Delwasse chef d'école à Hannut. Ils commentaient quotidiennement les nouvelles du jour au café Dejardin, à la gare.
II lisait chaque jour le journal "L'Indépendance Belge" auquel il était abonné puis consultait le journal "L'Etoile Belge" chez les beaux-parents.
II n'a jamais voulu porter le col raide (ou col cassé) et la cravate très en vogue à l'époque, il préférait le col aux coins rabattus, agrémenté d'une lavallière.
Pendant la guerre, il a toujours accueilli les officiers allemands avec les mains dans les poches : cela le dispensait de serrer éventuellement des mains tendues... Il commettait en outre l'imprudence de les interroger à chaque occasion "vous êtes le dernier ?".
La commune de Villers-le-Peu-plier a fait la gentillesse à Oger Charlier de le laisser dans la maison du maître depuis sa maladie en 1912 jusqu'en 1918, date à laquelle son successeur, monsieur Lheureux, s'est marié.
Pendant la guerre 14-18, Oger Charlier s'est fait des amis avec des officiers canadiens. Deux d'entre eux sont revenus deux fois à Villers après la guerre. Pendant la guerre 40-45 un de ces officiers est parvenu à adresser plusieurs lettres à madame Charlier par l'intermédiaire de la Croix-Rouge internationale (Samuel Laycock-Ontario).
Avant la création de l'école moyenne de Hannut, Oger Charlier inscrivit sa fille Jenny à des cours particuliers chez les demoiselles Guéry de Hannut. Ces dernières assuraient une formation "études moyennes" avec autorité et maîtrise (mathématiques, littérature, histoire, allemand, peinture). Après ces années studieuses Jenny décrocha le diplôme d'institutrice devant le jury central C'est dans l'école privée des demoiselles Guéry que s'éveillèrent ses dons pour la peinture et la poésie.
Le papa Charlier eut l'occasion avant de mourir, d'admirer quelques toiles de sa fille et il s'en montrait très satisfait.
Oger Charlier était un apiculteur réputé, il s'intéressait à l'élevage des abeilles en scientifique. D'ailleurs des cercles d'apiculteurs régionaux vulgarisaient la science et la technique de l'apiculture. Dans le jardin de la maison communale de Villers-le-Peuplier le maître d'école avait en permanence un rucher comportant au moins 5 ruches. Derrière le jardin, un infirme observait, de son lit de souffrance, le va-et-vient des abeilles, et, l'œil à l'affût, il décelait le premier les essaimages des nouvelles colonies. C'est alors qu'il criait, par sa fenêtre ouverte "maîsse y n'a in' moche qui saime !" jusqu'à ce que son message soit perçu. Malgré la "contrariété" d'une excommunication qu'il n'a pu éviter, il sera présent à l'église lors du baptême, de la communion solennelle et du mariage de sa fille Jenny. A son décès, monsieur le curé est venu apporter des paroles de consolation à la famille mais Oger Charlier aura des obsèques civiles. La fin de carrière du maître Charlier est pénible car il est atteint d'une congestion cérébrale en pleine classe en 1912. Bien que rétabli, il est intellectuellement diminué "le docteur Mottard de Hannut, réalisant la gravité du mal déclare à Jenny : "une lettre vient de disparaître de l'alphabet de ton père et elle ne se remettra jamais à sa place !"

image002 Monsieur Oger Charlier,
voir l'œil vif et l'assurance du maître
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Monsieur Deiwasse
instituteur en chef de Hannut
Comparez les cols des deux maîtres

2. Madame MARSIAT-HOSTENBOCK
une grande dame et une institutrice d'élite

Marie Hostenbock est née à Lincent le 13 novembre 1865. Toute petite, elle manifeste des aptitudes qu étonnent ses parents. Ils le confient dès l'âge de 5 ans à une école privée qui se tient à Lincent dans une maison particulière. Elle est si jeune que le précepteur le place sur un tabouret (un passet) le dos au mur, en-dessous du tableau noir. Elle doit griffonner sur ses genoux. Elle attire l'attention sur sa petite personne dès l'instant où elle lève le doigt pour répondre à des questions auxquelles l'auditoire ne trouve pas de réponse !... C'est là qu'elle apprend à lire et à écrire... A raison de 1 centime par jour ! A l'âge de 6 ans, elle est admise dans la classe de mademoiselle Maillen à l'école communale de Lincent (classe unique regroupant 6 années d'études). A la clôture de ses études primaires, elle passe et réussit l'examen cantonal à Landen (Lincent faisait partie du canton de Landen).

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Ecole normale - formule inédite

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Marie Hostenbock, étudiante normalienne

A l'âge de 16 ans Marie est admise à l'école normale de l'Etat à Fragnée, elle n'a pas fait d'études moyennes, mais elle réussit l'examen d'admission, c'est l'époque où les études normales comportent 3 années d'études. Ce qui est singulier c'est qu'après 2 ans d'études les élèves se voyaient décerner un brevet d'aspirante-institutrice. Les normaliennes devaient impérativement pouvoir écrire sans faute la calligraphie était leur lettre de noblesse. Toutes internes, elles ne pouvaient rentrer à la maison qu'à Noël, Pâques et fin d'année. Les élèves avaient toutes une toilette fort distinguée qui devait sûrement en imposer aux petites filles de l'école d'application.

Débuts dans la carrière - hiérarchie insolite.

Marie Hostenbock a commencé sa carrière pédagogique à l'école communale de Linsmeau. Il n'y avait qu'une seule salle de classe pour une école où la mixité n'était pas en vigueur. Dès lors, l'administration communale de Linsmeau divisa la classe à l'aide d'une cloison où le menuisier avait pratiqué une large encoche pour encadrer le poêle en fonte. Un seul poêle pour deux classes : c'était une formule très économique. Pour le malheur de la cohabitation, on n'avait rien prévu pour l'insonorisation, et comme l'instituteur adorait l'harmonium, il en jouait en classe plusieurs fois par jour, imposant le silence dans la classe des filles. (L'histoire ne dit pas si les élèves appréciaient ces concerts d'harmonium impromptus). Dans cet environnement, la maîtresse d'école haussait souvent le ton de la voix. Lors d'une visite de classe, l'inspecteur monsieur Moutuy lui conseilla de parler plus bas. Si le bruit favorise le bruit, le silence appelle l'attention... Parler bas incite les élèves à tendre l'oreille plutôt qu'à être bruyants.

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Progression et promotions

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Marie Hostenbock, institutrice
(Linsmeau, Lincent, Waremme)

En ce temps-là les instituteurs ou institutrices qui n'étaient pas chefs d'école (ou en chef) étaient considérés par l'administration comme sous-instituteurs ou sous-institutrices. Marie Hostenbock est restée 6 ans à Linsmeau; été comme hiver, elle faisait quotidiennement le trajet Lincent-Linsmeau à pied. Elle gagnait 1.000 Frs par an, soit 100 Fr. par mois de cours ! Après ses débuts à Linsmeau, Marie Hostenbock est appelée à l'école communale de Lincent où elle reste 4 ans. Là, son traitement est de 1.200 F. l'an soit le traitement alloué aux institutrices à classe unique (qu'il ne faut pas confondre avec les institutrices en chef). Lors d'une visite de classe, monsieur l'inspecteur est séduit par les compétences pédagogiques de l'institutrice Hostenbock aussi il lui conseille vivement de tenter sa chance au prochain examen d'institutrice en chef à Waremme. (Dans les villes, les chefs d'école sont recrutés après concours !). Marie Hostenbock se laisse convaincre, elle passe et réussit l'examen de chef d'école à Waremme. Du coup sa vie va changer et elle devient directrice de l'école communale des filles de Waremme. Elle sera titulaire de la 6e année et préparera ses élèves aux études moyennes. Elle occupera le bâtiment du chef d'école jusqu'au jour où il faudra agrandir l'école. Il est entendu qu'à Waremme son traitement fut augmenté et de plus ses fonctions bénéficièrent d'un statut avec barème et augmentations légales (ce qui n'était pas en application dans nos petits villages). Entretemps, Marie Hostenbock, épouse Emile Marsiat, donne le jour à une petite fille Jeanne Marsiat (qui deviendra madame Delmez, dernière institutrice en chef communale de Hannut-centre). Sa carrière de chef à Waremme s'étendra de 1894 à 1914. A sa mise à la retraite, elle s'installe à Hannut avec sa famille.

Avide de connaissances

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Madame Marsiat et ses 33 élèves de 6eme primaire à l'école communale de Waremme.

A l'instar de monsieur Brien (voir plaquette Brien et Zénobe Gramme), madame Marsiat est un véritable puits de sciences. Elle possède les matières qu'elle enseigne et jamais, chez elle, une question d'enfant ne peut rester sans réponse, et aucune responsabilité ne peut être assumée sans en posséder la maîtrise. C'est ainsi que madame Marsiat savait solfier à vue, apprendre et enseigner un chant avec la seule partition musicale. De plus, comme elle devait enseigner la gymnastique, elle a suivi des cours d'éducation physique et décroché un diplôme de capacité. Consciente de la nécessité de l'éducation physique, qui faisait terriblement défaut au niveau de l'enseignement féminin, madame Marsiat milita dans la fédération gymnique et sportive du moment. Lors d'une promenade dans nos beaux chemins de campagne, madame Marsiat pouvait, sans l'ombre d'une hésitation, nommer toutes les fleurs, toutes les plantes, tous les oiseaux, tous les insectes qui tombaient sous son regard (elle serait bien triste de voir notre "désert agricole" sillonné de chemins de remembrement en béton... Plus de fossés, plus de talus, plus d'arbustes, plus de fleurs, plus de chants d'oiseaux... mais où sont les neiges d'antan ?)

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Nostalgie

Clap'sabot a été impressionné par la véritable "maîtrise" de ses prédécesseurs. Il leur voue une admiration sans bornes. Il ne s'étonne pas que parents et élèves de leur génération leur disait "bonjour mon maître" (dictionnaire : maîtrise : grade universitaire de l'enseignement supérieur, domination incontestée d'une matière).
Mon Dieu, les temps ont bien changé !
Merci à madame Bolly-Charlier et à madame Delmez-Marsiat d'avoir bien voulu évoquer, pour l'Aronde, des souvenirs et récits si édifiants.
Qu'elles croient en notre respectueuse sympathie.

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