Site d'Adrien Daxhelet

Site d'Adrien Daxhelet

  • Augmenter la taille de police
  • Taille de police par défaut
  • Diminuer la taille de police
Site optimisé pour le navigateur Firefox
Accueil Clap'Sabot Robert Mignot

Robert Mignot de Chentinnes

Envoyer Imprimer

Un glorieux vétéran de la guerre 14-18
Un volontaire d'exception aux multiples affectations
Un chef d'entreprise qui fait honneur à la Wallonie

 

L'Aronde passe une heure en compagnie de Monsieur Robert Mignot de Chentinnes


C'est à Pellaines, au château de Chentinnes que nous avons l'honneur de faire la connaissance du dernier vétéran connu de la guerre 14-18, dans la circonscription de l'Aronde... Un homme solide, élégant, distingué, accueillant. Nous découvrons avec joie la vie extraordinaire de Robert Mignot.

Enfance très animée

Robert Mignot de Chentinnes est le fils d'un officier supérieur de l'armée belge. Né à Bruxelles le 25 février 1899 (un enfant du siècle dernier !), il est le cadet d'une famille de deux enfants. Sa soeur, Madame Speder de Harvengt est toujours en vie. Le papa Mignot est un brillant officier, breveté d'État Major. Il fut le compagnon de promotion du roi Albert à l'école royale militaire (photo dédicacée par le roi Albert en date du 14/12/1892, une pièce d'archivé précieuse !) Les différentes affectations du papa obligent les enfants à changer très souvent de domicile et d'école. Ecole primaire à Namur - communion solennelle à Dave (au port de Dave), Athé-née à Ixelles et Bruxelles - Ecole Moyenne à Anvers. Il eut l'honneur de faire partie de la 1ère troupe des scouts de Bruxelles. Lorsque éclate la guerre 14-18, Robert Mignot est élève à l'école des cadets à Namur. N'ayant pas 16 ans, il ne peut s'engager à porter les armes, il est le second en âge de sa promotion et il est renvoyé dans ses foyers.

L'exode

image001
Robert Mignot de Chentinnes, en tenue d'aspirant du training corps de Wellington, à Londres, en janvier 1916, il va avoir 17 ans ! (voir les bandes molletières de l'uniforme anglais en 14-18).

Passant par la Hollande, la famille Mignot parvient à atteindre l'Angleterre. Robert est inscrit aux cours du Wellington-Collège, un des plus grands collèges d'Angleterre. Là, il est incorporé dans le corps d'entraînement d'officiers pour l'armée anglaise. Instruction sévère - entraînement viril - discipline rigide - une formation de parfait gentleman et de militaire audacieux. Monsieur Mignot de Chentinnes a bien voulu extraire de son album de souvenirs deux photos merveilleuses qui évoquent son passage à Londres. Robert Mignot de Chentinnes, en tenue d'aspirant du training corps de Wellington, à Londres, en janvier 1916, il va avoir 17 ans ! (voir les bandes molletières de l'uni forme anglais en 14-18). Robert Mignot restera les 4 termes (4 trimestres) à l'école de formation puis entrera au collège des techniques de Bradford. C'est la guerre, les élèves (non militaires) sont peu nombreux. Le corps professoral soumet son monde à une instruction intensive et impose le programme de 3 ans en un seul. Le coup' est rude, mais c'est la guerre ! Le pays a aussi besoin de techniciens de haut rang. Robert Mignot, sortira de ce collège avec une solide formation de technicien supérieur pour l'industrie textile.

image002
Sa Majesté Georges V, Roi d'Angleterre passe en revue, en juillet 1916, le camp d'entraînement pour officiers du Wellington Collège (le roi à cheval, face à la promotion 1916- infanterie et artillerie) à remarquer derrière les aspirants, les perches d'une plaine de rugby.

Jeune volontaire à l'armée belge

image003 image005
Robert Mignot au camp d'entraînement d'artillerie à Eu (Somme)
Robert Mignot en tenue de fantassin au camp d'entraînement de Parigné l'Evoque

En 1917, Robert Mignot a l'âge de l'engagement volontaire. C'est son deuxième essai. Il rejoint donc la Belgique, en bateau, via Calais. (Douvres-Calais) II se présente au centre de recrutement de l'armée belge, et en fonction de ses connaissances, est immédiate-ment incorporé dans un camp d'entraînement de l'infanterie à Parigné l'Evêque (près du Mans). Puis dans un camp d'entraînement de l'artillerie à Eu (Somme) De ce passage dans les camps d'entraî-nement, Monsieur Mignot a conservé de nombreux témoignages photographiques.

image006
Compagnons-volontaires au camp d'entraînement en France. Robert Mignot est au centre (Remarquer les coiffures assez disparates des volontaires... C'est la guerre! Et l'armée belge n'est pas riche.)

Sur le front de l'Yser

Après les instructions accélérées Robert Mignot est envoyé au front sur l'Yser. Il sera d'abord affecté comme artilleur sur une auto-canon du 2e régiment d'artillerie lourde, dans les environs de Noordschote. L'aviation et l'artillerie anti-aérienne en sont à leurs débuts. Les autos-canons ont pour mission première le tir sur avions. L'auto-canon de l'artillerie Mignot pourra inscrire un avion allemand à son tableau de chasse ! Robert Mignot était le responsable de l'observation et de la rectification du tir (bravo !) Ensuite, notre jeune volontaire (en fonction de sa formation) sera affecté à une grosse pièce d'artillerie (un canon de 155 long) II est brigadier, il l'installe en batterie dans le bled de la poche de l'Yser, en soutien d'un régiment américain qui vient de prendre position dans le secteur inondé. Il restera 6 mois en première ligne puis sera envoyé à l'école de sous- lieutenants d'artillerie dans le nord de la France. L'armée belge a besoin d'officiers et Robert Mignot réunit toutes les conditions physiques, intellectuelles, militaires pour pareille mission. Un canon de 155 long en batterie sur le front de l'Yser Dans le bois de Merkem. un tronc d'arbre déchiqueté où se trouvent encastrés 3 obus non éclatés La fin de la guerre surviendra durant l'instruction de notre aspirant-officier en 1918. Il sera libère et rendu à la vie civile.


image009

Les candidats officiers de l'école d'artillerie en 1917 (bonnets de police et képis belges, casquettes américaines). Robert Mignot (2e debout de gauche à droite, avec képi à la cocarde belge).

image013

image010

Un canon de 155 long en batterie sur le front de l'Yser Dans le bois de Merkem. un tronc d'arbre déchiqueté
où se trouvent encastrés 3 obus non éclatés
image015
L'école d'artillerie : le candidat sous-lieutenant d'artillerie R. Miqnot au 3e rang (voir flèche).

Après la guerre - études et responsabilités

Rentré dans ses foyers, Robert Mignot, nanti d'une solide forma-tion technique anglaise, se perfectionne à l'Institut Technique Universitaire de Verviers (capitale belge du traitement de la laine et de ses applications : filature - tissage). À peine sorti de l'institut, il est appelé à s'occuper des affaires familiales. Il dirigera l'usine familiale "Constant Despa" de lavage et de carbonisage de la laine, établie à Theux. Les laines arrivent, brutes, de leur pays d'origine (Australie - le Cap - Buenos-Aires - Nouvelle Zélande).
Cette laine est lavée industriellement ; l'usine emploie les eaux de la Hoegne. Ensuite elle doit être débarrassée de toutes les impure-tés d'origine végétale (carbonisage). Monsieur Mignot sera à la fois administrateur délégué et président du conseil d'administration de l'entreprise qui compte 2 usines et occupe 300 ouvriers.
Il remplira ces lourdes responsabilités jusqu'à la fin de sa carrière et la liquidation de la société. (Désormais les laines arriveront de leur pays d'origine, lavées et prêtes à la filature). Ne se limitant pas à la direction des sièges belges de l'entreprise familiale, Monsieur Mignot de Chentinnes sera le fondateur et le créateur d'une usine de lavage à Port-Elisabeth et d'une filature à Bogota.

Mariage et famille

Le 6 septembre 1927, Monsieur Mignot épouse, à Pellaines, Adrienne Eloïse de Chentinnes, issue d'une famille patricienne installée à Pellaines depuis plus de 3 siècles. Le château de Pellaines est le berceau de la famille de Chentinnes. Adrienne Eloïse est une descendante en ligne directe de cette souche noble qui est respectée et entourée de la déférente affection de la Hesbaye liégeoise et brabançonne. De l'union de Robert Mignot et de Adrienne Eloïse de Chentinnes naquirent 4 enfants (Colette, Jean-Pierre, Claudine, Bauduin). Ils ont le bonheur d'accueillir dans le cercle de famille 8 petits-enfants et 2 arrières petits-enfants. Monsieur et Madame Mignot de Chentinnes ont vécu à Theux pendant 40 ans mais ont passé toutes leurs vacances à Pellaines. A l'heure de la retraite, ils se sont définitivement fixés au château de Pellaines où ils coulent des jours heureux.

La guerre 40-45

En 1940, la famille a suivi le mouvement de l'exode. L'usine de Theux fut abandonnée et l'évacuation se termina dans le Tarn. Ce n'est que le 22 juillet que Monsieur et Madame, les enfants, une femme de chambre et le chien réintégrèrent l'usine. Mais, comment se remettre au travail puisque les matières premières manquaient ? Ce furent les années sombres de l'entreprise. Cependant tout espoir n'était pas perdu, et, en attendant la libération, toutes les machines étaient secrètement entretenues par une équipe réduite à 2 ouvriers ! La libération par les Américains provoque un autre drame... Un bombardement intensif, préparatoire à l'offensive libératrice, provoqua un incendie. L'usine brûla ainsi que le dépôt de vivres que les Allemands y avaient installé. La famille Mignot de Chentinnes fut aimablement accueillie et hébergée chez Monsieur et Madame de Limbourg de Theux. Il y eut pour quelques millions de dégâts à l'usine (heureusement reconstruits avec l'aide partielle des "dommages de guerre" du Ministère de la reconstruction de l'époque) Il dut recommencer à zéro ! Mais Monsieur Mignot en avait vu d'autres ! Il fallait plus que ces revers pour l'abattre ! 6 mois après la libération les usines "tournaient" à nouveau. Coup de chapeau et félicitations L'Aronde est heureuse de souhaiter à Monsieur et Madame Mignot de Chentinnes une très longue retraite dans la paix et le calme de leur château de Pellaines. Elle les remer-cie d'avoir si bien accueilli le reporter de service. Elle est fière et honorée de pouvoir rendre un vibrant hommage au vété-ran de 14-18 que toute la Hesbaye salue avec sympathie et vénération. On souhaite pouvoir publier d'autres témoignages photograhiques de son album de souvenirs de la première guerre.

Commentaires

Afficher/cacher le formulaire SVP, identifiez-vous pour poster des commentaires ou des réponses.
Mise à jour le Vendredi, 16 Janvier 2009 16:30