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Accueil Discours Léopold Detrixhe

Léopold Detrixhe

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Discours prononcé par Adrien Daxhelet
lors de la messe de funérailles de Léopold Detrixhe
à Avennes, en juin 1997

 

Léopold DetrixheCher Pone,

Avant que tu ne sortes une dernière fois de cette église,
je voudrais profiter de ce que nous sommes ici devant toi
pour évoquer ce que tu représentes pour nous.

Tu étais déjà à la retraite
lorsque j’ai commencé à véritablement te connaître,
lorsque je venais passer mes vacances à Avennes,
chez Pone comme je disais.

Je me souviens de l’accueil que tu réservais,
de la joie que tu avais à nous taquiner,
du pardon que tu accordais à nos fredaines de gosses,
tout ce qui a marqué à tout jamais ma vie
et celle de tous les enfants que tu accueillais avec chaleur.

Pourtant la vie n’avait pas été tendre avec toi.
Tes plus belles années de jeunesse,
tu les a passées dans les camps de prisonniers,
en Allemagne, au stalag XI A.
L’existence y était rude et brutale,
cependant, devant nous,
tu n’as presque jamais évoqué ce pénible passé.
Peut-être parce que tu voulais nous en protéger.

Après cette période de captivité,
il y eut ton retour chez les tiens,
chez tes parents que tu chérissais tant.
Et tant qu’ils vécurent,
il n’y eut que peu de jours
où tu n’es allé leur rendre visite.

Puis tu as fondé ton propre foyer,
avec Marie-Thérèse
que ma sœur et moi avons baptisée Pitou
et qui a su te faire oublier
les dures années de tes vingt ans.


Mais ce qui t’a procuré la plus grande joie,
ce fut la naissance de ta fille
Anne-Marie
que tu adorais plus que tout au monde.
Avec un caractère bien marqué,
presque identique au tien,
elle était l’orientation de ton existence
et tu en étais fier.

Toute ta vie de travail,
tu l’as passée au chemin de fer.
Et nombreux sont ceux qui t’ont connu,
le ton un peu bourru,
mais le cœur sur la main.
Tu as terminé ta carrière professionnelle à la gare d’Avennes
et je me rappelle
lors de ton quatre-vingtième anniversaire
combien dignement,
quoique un peu gêné,
tu avais recoiffé ton képi de chef.

C’est également à ton retour des camps,
qu’avec des amis, eux aussi anciens prisonniers de guerre,
tu as fondé l’asbl Salle Concordia et les prisonniers philanthropes,
les Djoyeux coqtis,
les colibeus.
Que de tracas, mais bien légers,
t’ont causés les retours tardifs au bercail
de tes pigeons
ou un coq
qui ne chantait pas autant que tu l’aurais désiré.
Tout cela occupait tes loisirs.
Ton dévouement pour ces œuvres associatives
a tellement été grand
qu’en boutade, Marie-Thérèse t’avait conseillé
d’emporter ton lit à la salle Concordia.


Je me souviens de nos nombreuses réjouissances familiales,
des repas de famille de la nouvelle année,
des fêtes foraines à Avennes
et de toutes les occasions
que tu ne manquais pas
pour resserrer autour de toi
les liens familiaux.

Je me souviens aussi de la joie que tu ressentais
à te rendre dans le Doubs,
chez nos amis français comme tu les appelais
et que Bon Papa t’avait fait connaître
et de la joie que tu as eue
en voyant les liens se renforcer
lorsque Anne-Marie est devenue la marraine de la petite Myriam.

Et tu comptais encore te rendre en Bretagne
pour assister à mon mariage.

Malheureusement,
ta brève maladie en a décidé autrement.

Ton dernier bonheur fut de participer,
il y a quinze jours,
à la communion privée d’Amaury
qui, avec Florian, t’avait surnommé Popol.

Mais nous ne comptions pas que la fin serait si rapide.

Maintenant que tu nous quittes
pour entamer le plus long des voyages
et rejoindre ceux que tu aimais tant,
tes chers parents, ton frère,
Bon papa, le Lucien,
Tante Cécile, le Gabi
et tant d’autres encore,
nous voudrions,
nous tous ici présents,
te souhaiter, une dernière fois,

bon voyage Pone.

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