Site d'Adrien Daxhelet

Site d'Adrien Daxhelet

  • Augmenter la taille de police
  • Taille de police par défaut
  • Diminuer la taille de police
Site optimisé pour le navigateur Firefox
Accueil Discours Martine Gillot

Martine Gillot

Envoyer Imprimer

Discours prononcé par Adrien Daxhelet
lors du souper offert à Martine Gillot
à Merdorp, en mars 2003

 

Martine GillotComme vous le savez tous, nous sommes ici pour fêter les 25 ans de maison de Martine.

On profite toujours de cette occasion pour faire un petit discours commençant d’ordinaire par évoquer le passé du récipiendaire et finit avec une évocation de l’avenir qui le sépare encore de la retraite. Enfin, avec l’âge de Martine, il ne faut tout de même pas encore aller si vite en besogne.

Je me rappelle donc, jeune adolescent, l’arrivée d’une jeune fille de 17 ans à l’imprimerie en février 1978. Martine devait remplacer Yvette Dubois qui allait bientôt nous quitter.

En ce temps-là, notre imprimerie vivait sa révolution copernicienne en passant de l’impression typographique à l’impression offset.

La fonction dévolue à Martine la plaçait au centre de ce qu’on nomme le façonnage qui, à cette époque, privilégiait encore le travail manuel. Martine a donc retroussé les manches de son cache-poussière bleu et s’est assise pour la première fois derrière une de ces tables en bois verte qui servaient alors de support à l’assemblage des cahiers des livres publicitaires et des facturiers. Le piquage et le rognage étaient encore une activité à forte intensité de main d’œuvre.

C’était le temps où Isabelle et moi donnions un coup de main, pas toujours volontaire, aux différents assemblages de cahiers ou de factures. Que de tas avons-nous alors réalisés ! que de remparts imaginaires avons-nous dressés, percés çà et là de multiples portes ! que de colonnes de factures avons-nous élevées !

Par un calcul élémentaire et fortement simplifié, j’en conviens, j’ai estimé qu’entre l’époque de l’assemblage totalement manuel et le moment où cette opération a été presqu’entièrement automatisée (il n’y a pas si longtemps que ça), j’ai estimé donc que Martine avait en moyenne assemblé, sans prendre en compte les factures, sur une base annuelle d’au moins 80 livres publicitaires tirés à environ 3.500 exemplaires chacun pendant 18 ans, 5 millions de livres et des montagnes de liasses de factures. Si l’on mettait bout à bout tous ces livres et factures, je ne suis pas loin de croire qu’il serait possible de les élever jusqu’à la Lune, d’en faire le tour et de revenir sur Terre. A moins qu’on en fasse une immense muraille. Et cette fabuleuse construction étrange serait, à l’instar d’une illustrissime cousine ou de nos autoroutes, le troisième monument humain visible de l’espace. Enfin là, j’exagère un peu.

Il ne faudrait pas non plus laisser sous silence nos pèlerinages aux sources de l’imprimerie à Ciplet, lorsque des voitures chargées des cahiers qu’avait pliés Martine se dirigeaient vers l’ancien établissement de Ciplet où avait été montée la première machine de façonnage automatisée. Bercé encore par les contes de mon enfance, je m’imaginais que seul mon grand-père pouvait la faire fonctionner. Tel un magicien, il récitait une phrase magique abracadabrante. Il répétait sans cesse pour son bon fonctionnement : « Onque et lihi l’ôte ». Dès qu’on ne respectait plus ses consignes, la magie cessait et la machine bourrait ou se bloquait. Il avait donc raison.

Puis nos pèlerinages prirent fin ; la machine magique fut transférée à Avin où elle servit encore de longues années.

A côté de l’assemblage ou du piquage, Martine était également affectée au pliage et au rognage. Là, ce ne sont plus des murailles ni des colonnes, mais des tonnes de papier qu’elle a remuées dans tous les sens, pis qu’un charbonnier durant toute une vie de labeur.

Et puis est venue l’ère de l’automatisation. On y a gagné en performance et en soulagement en perdant peut-être un certain rapport physique à la matière, quand le papier sentait si bon après avoir été fraîchement imprimé, plié, assemblé, coupé, emballé…

Martine a toujours conservé ses fonctions initiales au façonnage bien que les tâches, en s’automatisant, requéraient davantage d’adaptation et d’apprentissage.

Avant d’aborder l’avenir, je ne voudrais pas oublier en l’évoquant brièvement le moment qui vit la rencontre de Martine et Pascal et la naissance d’Anaïs.

Cette aventure commença, n’est-ce pas Martine, par les concerts de The Pacific ; avec le résumé desquels on entamait chaque nouvelle semaine. Eh quoi Martine ? c’est qui ? c’est pour quand ? et d’autres questions du même acabit.

En définitive, cette saga connut son épilogue lorsqu’elle nous parla de Pascal. On eut tous alors la ferme conviction de la naissance d’un véritable amour bâti pour la durée. Amour concrétisé par la venue d’Anaïs le 1er mai 1988.

Quant à l’avenir, après les épisodes cocasses et les épreuves du passé, il ne peut que se concevoir sous les meilleurs auspices puisque nous sommes tous réunis ici pour fêter les 25 ans de maison de Martine. N’oublions pas qu’il lui en reste presqu’autant jusqu’à la retraite. De quoi voir évoluer encore l’imprimerie, de quoi également voir arriver de nouvelles technologies, de quoi pousser l’aventure un peu plus loin.

Après ces palabres de circonstance, venons-en au principal.

Nous te souhaitons Martine un bon anniversaire et nous nous réjouissons tous avec toi de ce parcours que nous avons vécu ensemble pendant ces 25 ans.

Commentaires

Afficher/cacher le formulaire SVP, identifiez-vous pour poster des commentaires ou des réponses.