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Manuel - Poésie 4

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Chapitre IV

Les Genres poétiques

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On appelle genres poétiques ceux dont le but unique, ou du moins principal, est de réaliser le beau et d’être par là une source de plaisir esthétique.

Au point de vue de la relation qui existe entre l’œuvre et l’écrivain, celui-ci peut être :

Ou bien à la fois le sujet et l’objet du poème, c'est-à-dire exprimer ses sentiments personnels ; ce qui donne le genre lyrique ou subjectif ;

Ou bien seulement le sujet du poème, c'est-à-dire présenter à la contemplation de ses lecteurs, sans mettre directement sa propre personnalité en avant, l’objet extérieur à lui qui l’inspire : ainsi naît le genre épique ou objectif ;

Ou bien ni le sujet ni l’objet du poème, mettant directement en scène des êtres parlant et agissant pour leur propre compte : de là le genre dramatique.

On est tenté d’admettre que ces genres principaux de la poésie apparurent successivement, dans l’ordre même où nous venons de les énoncer. « Tout finissait par des chansons, » a dit Beaumarchais . Il semble bien que tout, au contraire, en matière de littérature, commença par là, qu’aux premiers âges du monde, les bégayements poétiques ont été des chansons de forme et de ton divers, des improvisations lyriques, rendant les impressions personnelles d’hommes encore dans l’enfance de la civilisation. Tels furent Linus , Orphée , Musée , qui déjà mirent, il faut le croire, un certain art dans les chansons par lesquelles ils adoucissaient les peuples barbares, comme les nourrices calment de leurs refrains berceurs les enfants agités. Peu à peu, sans doute, ces chansons d’exclusivement lyriques qu’elles étaient, devinrent aussi narratives, dérivèrent en récits, d’où sortit l’épopée. Enfin, les personnages de celle-ci furent mis directement en scène ; on les fit parler, agir : le drame était né.

Toutefois on est loin d’être d’accord sur la succession des genres poétiques. La science d’aujourd’hui prétend reconnaître la priorité de l’épopée. Objective et épique à l’origine, disent les théoriciens, la poésie devint insensiblement subjective et lyrique — plus tard, dramatique. Et ils résument les principales étapes de l’art en ces trois termes : le sublime, le beau, le caractéristique.

Soit ; mais d’abord peut-on affirmer qu’il y ait eu réellement succession et non développement simultané des genres épiques et lyriques ?

Étudiant chacun des genres principaux et ceux moins importants, qui semblent en dépendre ou s’y rapporter de quelque façon, nous passerons en revue successivement dans les chapitres suivants :

A. La poésie lyrique, qui comprend l’ode sous toutes ses formes, l’élégie, la chanson ; — la satire, l’épigramme, le madrigal ; — les petits poèmes à forme fixe : sonnet, rondel et rondeau, triolet, ancienne ballade, lai et virelai, villanelle, pantoum, sextine.

B. La poésie épique, qui comprend l’épopée, le poème héroïque, la fable, le conte et le roman en vers, le fabliau, la ballade romantique.

C. La poésie dramatique : tragédie, tragi-comédie, drame proprement dit, comédie dans toutes ses expressions, opéra.

D. La poésie pastorale, qui peut appartenir aussi bien à la catégorie B, par certaines variétés : récits pastoraux en vers, contes pastoraux, fables pastorales, qu’à la catégorie C, par les églogues et les idylles.

E. La poésie scientifique et philosophique, qui ne rentre rationnellement dans aucune des quatre premières classes.


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Mise à jour le Lundi, 15 Décembre 2008 22:15