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Biographie d'Arthur Daxhelet

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ARTHUR DAXHELET

Un poète et un romancier de chez nous

 


image003Il est un poète, un romancier aujourd'hui presque devenu un inconnu en sa propre terre paternelle du val de Burdinale. Et pourtant Dieu sait avec quel cœur sincère et mélancolique il s'est fait le chantre nostalgique de ce joyeux val hesbignon. Il l'a chanté avec ce pincement au ventre qui poigne un exilé évoquant sa patrie abandonnée parce qu'elle ne lui apporte plus l'épanouissement intellectuel et social qu'il lui faut chercher ailleurs. Cet oublié mérite bien qu'on lui accorde la grâce de rappeler à nos mémoires son souvenir. C'est à Marneffe que naît Arthur Daxhelet, le 3 août 1865. Il est le fils aîné de Lambert Daxhelet, l'instituteur en chef du village, qui consacra sa vie entière à l'éducation des enfants du pays avec un tel enthousiasme et une telle réussite qu'en affectueux hommage les habitants baptisèrent leur rue principale de son nom. Dans un entourage si favorable, sous la férule éclairée et paternelle du Maître, grâce surtout à des dons intellectuels étonnants et précoces, Arthur Daxhelet ne pouvait que réaliser des études exceptionnelles pour cette époque. Tout en s'imprégnant des paysages du val environnant, tout en s'y promenant pendant des heures, des jours, des années, il réussit fort brillamment ses études primaires par un résultat élevé aux examens cantonaux. Un tel succès le destine à accomplir un cursus scolaire de haut vol. Mais c'est également le début et la cause de son exil, de son arrachement aux paysages, aux senteurs, à la vie de sa terre natale si belle, si poétique, si captivante. Il obtient avec une même facilité, un même panache un diplôme d'études secondaires classiques à l'Athénée de Huy. Ce talent le conduit, fait exceptionnel alors pour un enfant de la région, à l'université de Liège d'où il sort licencié puis docteur es philosophie et lettres. A la suite de quoi, il commence une carrière professorale par un préceptorat auprès d'une riche famille aristocratique de Hesbaye, les Sélis-Longchamps. Il n'est précepteur qu'un an. En effet, il ne tarde guère à être sollicité. Son premier poste en tant que professeur de rhétorique française et latine, il l'obtient à Bruges, en 1889, où il va s'installer aussitôt. Mais c'est en cette prestigieuse cité que le prend le regret du pays natal et bucolique. Et pour calmer ce mal être de déraciné, il entreprend d'écrire à la mémoire de ce que fut la contrée de son enfance. Son emploi ne l'empêche pas pourtant de revenir souvent auprès des siens, à Marneffe, pour revivre à la source de sa jeunesse les rêves d'un bonheur déjà lointain. Les paysages de la vallée de la Burdinale mettent un baume sur ses blessures psychologiques, mais n'en nourrissent pas moins ce sentiment nostalgique d'un Eden perdu; paysages dans lesquels, lors de ses retours nombreux, il n'a de cesse que de plonger pour renaître de la beauté vitale de ces lieux. A Bruges, ses occupations littéraires le conduisent à fréquenter des assemblées, des clubs de Lettres, nombreux alors, car les intellectuels avaient le sentiment qu'il leur devait lutter pour assurer une littérature française digne de ce nom en Belgique. Il leur fallait sur-tout en fonder une qui égale, qui rivalise avec ce qui se faisait en France. C'est également dans cette Venise nordique qu'Arthur Daxhelet rencontre celle qui va devenir sa femme, Mademoiselle Pauline Tournier, originaire de Paris. Ils se marient en 1895. Le prestige qu'il acquiert auprès des cercles littéraires le fait naturellement choisir pour servir de guide personnel à Paul Verlaine, lorsque celui-ci visite Bruges en mars 1893. Outre Verlaine, notre jeune poète enthousiaste qui est l'âme d'un cercle d'art, présente aussi à ses amis Mallarmé, Barrés et Francis James. Son goût des lettres, sa prolixité l'amènent sans hésitation à participer à la rédaction de plusieurs revues littéraires de l'époque, dont les plus célèbres sont le Journal de Bruges, sous le pseudonyme de Onsaqui, l'Indépendance Belge, La Flandre Libérale, La Revue de Belgique, La Vervaine, La Belgique Artistique et Littéraire, Le Thyrse, etc... Cette ville historique est également le creuset d'où sortiront la quasi totalité de ses œuvres tant poétiques que romanesques ou critiques. En 1893, Arthur Daxhelet publie une première nouvelle : Une Ame Wallonne qui décrit le désarroi d'un homme attaché à son terroir s'exilant dans une métropole flamande où il perd son essence vitale.

L'année suivante, c'est un recueil de contes qu'édite notre écrivain : Nouvelles de Wallonie. Ces petits récits ont pour cadre les coteaux en grisaille, les vallées herbeuses, au fond desquelles gazouillent la Mehaigne et la Burdinale, dans ce petit village de Marneffe dont la vision ne le quitte jamais, dont les si fraîches légendes hantent ses pensées. La même année, il nous livre ses poèmes qu'il rassemble dans des Pages de Tendresse Vague. Comme le dit l'auteur, ce sont des "poèmes mélancoliques d'une âme expectante..." En 1897, une œuvre majeure, son unique roman : Cœur en Détresse. C'est un roman d'un style très pur et de fine psychologie, développant l'étude d'un cœur tourmenté, d'un Wallon moralement apparenté au François Remy d'Edmond Glesener. C'est alors aussi qu'il publie une nouvelle en prose poétique intitulée Fleurs de Solitude. En 1901, la prose poétique suscite de nouveau le talent de notre écrivain. Il écrit Vers les Lueurs. Toujours cette année, il met la dernière main à ce qui est le faîte de sa carrière de professeur de rhétorique, qui aura une forte répercussion dans le milieu des Ecoles : le Manuel de Littérature Française. Ce manuel, qui évoque entre autres pour la première fois des personnalités comme Hubert Krains, connaîtra plusieurs éditions et rapportera à son auteur une considération unanime autant que des prix fameux ainsi le Prix de l'Académie de Belgique en 1902 et le Prix De Keyn. Après ces œuvres, Arthur Daxhelet consacre essentiellement son talent de littérateur à la critique que ses contemporains considèrent juste, pertinente, documentée voire nécessaire. Il est donc amené à côtoyer les plus grands artistes de son temps. Ainsi il est du nombre des convives lorsque, en avril 1903, on fête par un dîner Camille Lemonier.

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Arthur Daxhelet et ses deux enfants dans la propriété de Marneffe

1904 est, pour Arthur, une année importante. Il sort une critique littéraire qui fera date : Une Crise Littéraire : Symbolisme et Symbolistes. 1904 voit aussi son établissement à Bruxelles. Il quitte l'Athénée de Bruges pour occuper le même poste de professeur de rhétorique à l'Athénée d'Ixelles où il restera jusqu'en 1919.

En 1913, Arthur Daxhelet fait une conférence importante qu'il intitule : Quelques jeunes Romanciers et Conteurs de chez nous, où il présente principalement les œuvres d'Edmond Glesener, d'Henri Davignon, de Franz Hellens, d'Horace Van Offel, etc...
Il ne cesse d'avoir une place de choix dans le monde de la critique littéraire de ce temps. Ainsi il entretient une correspondance nourrie avec Camille Lemonier, Hubert Stiernet, Hubert Krains, Henri Davignon, Edmond Glesener, Maurice des Ombiaux, René Dethier, Stéphane Mallarmé, Emile Verhaeren, Albert Mockel, Eugène Demolder, Victor Remouchamps, etc...

Une bien triste épreuve frappe notre écrivain en 1917. Pauline Tournier, sa femme, décède, le laissant avec deux enfants, Paul et Reine-Marguerite, nés respectivement en 1896 et 1901. En 1919, Arthur Daxhelet quitte l'enseignement pour rentrer dans la haute administration où il remplace assez vite M. Verlant à la direction générale des Beaux-Arts et des Lettres au ministère des Sciences et des Arts. Cette nouvelle carrière ne le fait pas abandonner le monde de la presse. Il continue sa collaboration à plusieurs journaux ou revues. Il assistera même jusqu'à l'année de sa mort aux congrès des journalistes qu'il inaugure traditionnellement par une allocution. Les professionnels de la presse le considèrent comme un fonctionnaire érudit et disert, un fort galant homme entouré d'unanimes sympathies, lit-on alors. Arthur Daxhelet se remarie avec Marie-Cornélie Verhoeven avant qu'un drame atroce ne le frappe et dont il ne se remettra jamais : l'accident mortel, en 1923, au cours d'une partie de pêche, de son fils Paul, parti depuis peu en Argentine, à Sao Paulo. Dès lors et jusqu'à sa mort en 1927, il vivra dans le souvenir de ce drame qui le laisse anéanti, mais comblé d'honneur. Il meurt, atteint de pleurésie, le 9 janvier 1927. Arthur Daxhelet laisse le souvenir d'un excellent écrivain, d'un fonctionnaire consciencieux et d'un homme affable, dont l'amitié était précieuse et recherchée. Son mérite fut reconnu et apprécié tant en Belgique qu'à l'étranger, car on peut remarquer qu'outre les plus hautes décorations belges, il portait le titre d'officier de la Légion d'Honneur, de grand-officier de la Couronne d'Italie, de commandeur de l'Ordre du Chêne, etc...

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Arthur Daxhelet en famille, au centre avec barbe Lambert Daxhelet, instituteur à Marneffe

Arthur Daxhelet était le frère de Léon (vérificateur en chef aux douanes), de Jules (qui fut docteur à Burdinne) et d'Armand (ancien meunier à Oteppe). Paul Daxhelet, l'imprimeur de l'Aronde, en est ainsi son petit-neveu.

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Mise à jour le Samedi, 17 Janvier 2009 16:26