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Discours décès Lambert (père)

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Lambert Daxhelet

Lambert Daxhelet vers 1880

Lambert Daxhelet

Lambert Daxhelet vers 1915

Signature Lambert Daxhelet

 

A la mémoire de notre cher Maître,
Monsieur Lambert DAXHELET

discours prononcé le 22 janvier 1917, par Mr A. PIRON.

A cette heure des adieux qui nous étreignent douloureusement le cœur, à nous tous, anciens élèves d’un maître si profondément aimé et vénéré, parviendrai-je jamais à parler, comme il conviendrait, de la noble et sereine beauté de sa vie, de la suprême distinction de sa carrière d’instituteur.

Ce fut pour les habitants du modeste village de MARNEFFE, un bonheur inappréciable, un bonheur envié, de pouvoir, dès l’année 1854, confier leurs enfants à un jeune maître, préparé à l’école normale de Nivelles, par de fortes études, et doué à souhait de toutes les qualités qui font le bon instituteur : cet éducateur d’élite était Monsieur LAMBERT DAXHELET.

Vers cette époque, un peu partout dans le pays, l’enseignement primaire, jusque là abandonné à l’empirisme, cherchait à se frayer des voies nouvelles, à se créer des méthodes permettant de rendre l’instruction beaucoup plus rapidement accessible à la généralité des enfants.

Pour faire entrer dans la pratique les principes d’enseignement récemment mis en lumière, pour mettre au point des procédés qui s’ébauchaient, l’excellent Maître que nous pleurons, possédait à un degré supérieur des qualités tout exceptionnelles.

Esprit parfaitement pondéré, il avait donné à toute chose sa juste mesure, se maintenant sans faux pas dans les bonnes et vraies voies de l’enseignement populaire. Son jugement si sûr lui faisait distinguer finement les qualités et les défauts d’une méthode, ce qu’il y avait de bon et de mauvais dans telle tendance. Une observation pénétrante lui permettait de lire dans l’esprit et le cœur de ses élèves.

Par dessus tout, son admirable esprit d’ordre se manifestait partout : dans l’excellente discipline de ses élèves, dans leur classement parfait et jusque dans les moindre détails de son enseignement où il répandait partout la clarté. Sa parole était sobre, claire, absolument précise ; ses leçons marchaient droit au but bien déterminé, éveillant, excitant les jeunes intelligences : enseignement plein de vie et d’attrait qui forçait l’attention et laissait après lui trace lumineuse et durable.

La bonté de son cœur autant que son rare talent, lui conciliaient toute la sympathie, tout l’amour de ses élèves.

Que d’initiatives heureuses les Inspecteurs de l’enseignement se plurent à recueillir dans son école et à propager dans leurs ressorts ! Dans les cercles et conférences, combien de ses leçons, vrais modèles, mirent en pleine lumière les bons et sains principes d’enseignement ; que de travaux pédagogiques aussi judicieusement pensés que remarquablement écrits eurent les honneurs de la lecture, éclairèrent les discussions et orientèrent heureusement les idées dans les réunions d’hommes d’école !

Ayant à sa tête un Instituteur aussi merveilleusement doué, l’école du village de Marneffe acquit bientôt une extraordinaire renommée. Il y a soixante ans, lors de son arrivée, il n’y avait ici aucune instruction réelle ou si peu... Notre tant regretté Maître dut tout organiser, classer, discipliner, créer, en un mot, un enseignement digne de ce nom. Ce ne fut pas là mince et facile labeur ; mais son travail intelligent, son dévoûment eurent le résultat mérité. Des communes voisines même affluèrent les élèves et l’on put voir, pendant de nombreuses années, une population d’élèves, dépassant de beaucoup la centaine, s’instruisant parfaitement sous son unique et laborieuse direction.

La valeur de la classe s’affirma, cela devait être, dans une série brillante et ininterrompue de succès sans précédents, aussi bien dans les concours de la province entière que dans les examens cantonaux : l’école de notre humble commune se classa victorieusement en tête des écoles similaires du pays.

Dans cette classe modèle, le vrai but pratique, instruire pour la vie, n’était jamais perdu de vue : l’école de Marneffe fut une pépinière de bons artisans dont l’habileté remarquable fut hautement estimée. Un nombre relativement extraordinaire d’élèves qui avaient été sérieusement et intelligemment préparés, purent passer directement à l’école normale.

La période de trente-cinq ans d’enseignement de Monsieur L. DAXHELET fut brillante entre toutes. Il nous est permis de dire aujourd’hui : ce Maître rare était un modeste. Avec un brin d’ambition en plus, il aurait pu occuper les plus hauts grades de l’enseignement et les occuper sans conteste d’une façon distinguée. Ceux qui ont souvenir de sa manière d’instruire si bien ordonnée, si parfaite en tout, de ses vues si nettes sur l’enseignement élémentaire, savent que cet excellent praticien aurait fait un chef expérimenté, un guide précieux. Ceux-là souhaitaient de lui voir confier une charge élevée où il aurait pu faire grand bien ; mais il était sans prétention, et heureusement pour Marneffe, il aimait le petit village où il avait fait ses débuts et ne voulut le quitter. C’était d’ailleurs une affection qu’on lui rendait bien. Le bon et si dévoué Monsieur DAXHELET avait conquit d’emblée la sympathie de tous les habitants qui en étaient justement fiers, qui l’idolâtraient, qui craignaient tant pour l’avenir de leurs enfants de la voir accepter des fonctions plus élevées. N’était-il pas de plus la bienveillance, l’affabilité, la serviabilité même ?

Et dans les difficultés de la vie, c’était à lui, si prudent, si averti, que chacun venait demander un éclaircissement, une direction, une aide qui jamais n’était refusée. Par son intelligente bienfaisance en tout et pour tous, il réalisait pleinement, hors la classe, comme au milieu de ses élèves, l’idéal du bon instituteur qui enseigne le bien par l’exemple autant et plus que par la parole.

Cher Maître, vous vous avanciez dans la vie avec une sérénité souriante, gardant intacts la verdeur de votre esprit, la logique de votre jugement, votre jovialité tranquille, votre heureux caractère, restant jeune en dépit des ans. Votre vie a été celle d’un mage et votre fin douce comme votre vie. La veille encore, vous dominant toujours, vous avez voulu vous asseoir encore au fauteuil habituel auprès de vos Enfants, dire à chacun une parole aimable... Un témoin non averti se serait fait illusion sur votre état. Hélas ! vous avez fini, mais vous avez fini en beauté !

Nous tous, vos anciens et bien reconnaissants élèves, que ne perdons-nous pas en vous perdant ! Après avoir été le Maître dévoué, vous étiez resté pour chacun de nous, le meilleur des amis, le conseiller plein d’expérience que nous étions heureux de pouvoir consulter. Est-il possible que nos relations si affectueuses, si confiantes soient à jamais brisées !... Que bénie soit votre mémoire !...

Puissent les regrets que partout l’on donne à votre souvenir apporter quelque consolation à vos chers fils qui, dans des carrières diverses, ont porté haut l’honneur de votre nom. - Adieu, CHER MAÎTRE, et que ce mot d’adieu comporte la plénitude de son vrai sens : qu’il n’exprime pas seulement la détresse de nos cœurs ; mais qu’il dise aussi notre suprême et légitime espoir, précieux réconfort dans cette cruelle séparation ! ! !


Discours prononcé aux funérailles de

Monsieur LAMBERT DAXHELET

par Monsieur le Bourgmestre de MARNEFFE.

Messieurs,

On vient de vous redire en termes émus et profondément vrais, le fécond labeur accompli par Monsieur Daxhelet durant les longues années qu’il a consacrées à l’enseignement dans la commune de Marneffe.

A ce titre, il emporte la vive reconnaissance de tous ceux qui eurent l’inappréciable avantage d’être formés à son école. Aussi je me fais un honneur et un devoir de ratifier au nom de tous les habitants de la commune dont l’administration m’est confiée, les éloges hautement mérité qu’on vient de lui décerner.

En prenant la parole à mon tour devant ce cercueil, je veux simplement dire à celui qui s’en va, tous nos regrets de perdre un Administrateur entendu, intègre, discret et d’une serviabilité aussi cordiale que modeste.

Durant de longues années, il exerça les fonctions de Secrétaire communal, de Secrétaire du bureau de bienfaisance, de Trésorier de la fabrique de l’Église. Il s’acquittait avec une rare compétence, une minutieuse exactitude et une remarquable facilité, de toutes les tâches intéressant ces divers services.

En raison de ces charges diverses, comme aussi de la haute estime que lui valurent ses fonctions d’instituteur, il fut jusqu’à son dernier jour l’homme de bon conseil vers qui allaient d’instinct ceux qui se heurtaient, dans les choses de la vie, à quelque difficulté ou bien que mettait dans l’embarras soit leur indécision naturelle, soit leur inexpérience des affaires.

On allait chez Monsieur Daxhelet pour « faire arranger ses papiers », comme nous disons dans notre parler populaire.

Et l’on allait à Monsieur Daxhelet avec autant de plaisir que de confiance, parce qu’on savait rencontrer chez lui le même accueil toujours affable, se traduisant dans l’empressement à rendre le service demandé et s’exprimant dans une parole très sobre souvent, mais empreinte toujours d’un affectueux intérêt.

Ce qui donnait surtout à ses qualités une inappréciable valeur c’est qu’elles s’accompagnaient, chez notre regretté Maître, d’une rare discrétion : sans hésitation on lui confiait des difficultés d’ordre divers, parce que s’ouvrir à lui, c’était s’ouvrir à l’ami qui sait comprendre ce qu’il y a de pénible à faire certaines confidences et ce qu’il y a de sacré à garder sur les choses apprises un silence discret.

Messieurs c’est à cet ami, c’est à ce dévoué que j’adresse au nom de tous, la suprême expression de notre reconnaissance. Après avoir joui d’une belle et verte vieillesse il s’en va vers la récompense promise à ceux qui ont mis au service du prochain les talents que leur avait dispensés la divine Providence.

Avec un douloureux ADIEU nous vous disons, cher Monsieur DAXHELET, un confiant et chrétien « AU REVOIR ».


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Mise à jour le Lundi, 15 Décembre 2008 12:56