Site d'Adrien Daxhelet

Site d'Adrien Daxhelet

  • Augmenter la taille de police
  • Taille de police par défaut
  • Diminuer la taille de police
Site optimisé pour le navigateur Firefox
Accueil Histoire d'Avin-en-Hesbaye Avin au XXe siècle

Avin au XXe siècle

Envoyer Imprimer

Chapitre 6

avin au xxe siècle

La démolition de la ferme Streel, propriété vendue par le Comte d’Oultremont, changea du tout au tout la physionomie d’Avin au xxe siècle. En effet cette ferme démolie, on opéra le partage des terrains ; or ce partage fut fait entre tous les ouvriers qui rêvaient de travailler à leur compte, qui voulaient se libérer de la tâche si ardue du service. Ces petits cultivateurs prospérèrent. Les riches, pour cause de partage ou pour d’autres, vendirent des terres. Les petits rassemblèrent leurs pièces et les achetèrent, ils devenaient propriétaires et voilà en quelques opérations comment le village d’Avin si déshérité qu’il était redevint au xxe siècle et surtout après la guerre (14-18) un des villages les plus riches de la région hesbignonne.

Avin possède encore une grande ferme de 85 ha occupée par M. Piron. Nous pouvons voir à Avin quelques exploitations de moyenne culture par exemple celle de Mme Veuve Eugène Hankenne dont l’étendue est de 19 ha avec 6 chevaux, 6 vaches laitières, 10 taureaux, bœufs, génisses à l’engraissement, 3 veaux, 7 truies, 10 cochons à l’engraissement, 100 poules et coqs.

Les petits cultivateurs se contentent généralement de l’élevage des vaches laitières employées comme bête de traits. Ils possèdent quelques truies, des poules, etc…

L’élevage et la culture sont les deux grandes ressources de la commune.

exploitation et le régime de la propriété

Il n’existe aucun cultivateur propriétaire de toutes ses terres mais chacun en possède une plus ou moins grande partie. En effet, la majeure partie des terres situées sur le territoire communal appartient à quelques grands propriétaires fonciers qui habitent les châteaux précités. Mais depuis plusieurs ventes, dont les cultivateurs s’en firent les heureux acquéreurs, on peut a peine citer trois ou quatre cultivateurs propriétaires de 10 ha de terre, six ou sept de 3 à 4 ha.

Étendue des exploitations :

Grande culture : 1 ferme de 85 ha.

Moyenne culture : 8 fermes de 15 ha.

Petite culture : des fermes de 8 ha.

Les campagnes ne sont délimitées que par des bornes en pierre, par contre les prairies sont entourées de haies vives ou de clôtures en fils de fer barbelés.

Main d’œuvre : les ouvriers agricoles sont recrutés parmi la population de la commune. Cependant à l’arrachage des betteraves, des ouvriers flamands venant des environs de Diest sont occupés parmi les fermiers pendant toute la récolte. Seulement comptons-nous 9 à 10 ouvriers industriels.

Biens communaux : environ 9 ha 20 de terres labourables. Leurs prix sont fixés par soumissions, puis remises au collège. La propriété a donc une forte tendance à se morceler.

En 1789, l’entièreté du territoire communal se trouve entre les mains du clergé, puis ventes et locations annuelles. Les ventes se font à des cultivateurs ou des particuliers exerçant des professions bien rémunérées et ceux-ci trouvent ainsi un placement stable de leurs capitaux.

industrie et commerce

Beaucoup d’ouvriers sont affectés à la ferme ou chez eux.

Artisans : forgeron, menuisier, charron, cordonnier, boulanger, peintre.

Industrie agricole : sucreries d’Ambresin et d’Avennes, la laiterie de Hannêche, les brasseries d’Avennes et de Hannut, la siroperie de Burdinne.

Autres établissements industriels de la commune : fabrique d’eaux gazeuses et de limonades qui a capté les eaux du Mohéry, elle est exploitée par la maison Chaudière d’Avin. Elle occupe cinq ouvriers et pendant la saison d’été elle distribue ses eaux sur un rayon de 10 à 12 km aux alentours d’Avin.

Les voies de communication ne se prêtent guère au trafic : il n’existe ni voie d’eau, ni train, ni tram, seul le camionage a lieu par la grand-route de Namur à Hannut.

Commerces : le commerce de grain se fait par l’intermédiaire des commerçants qui achètent chez les cultivateurs puis revendent leur produit en bourse à Liège ou à Bruxelles. Les animaux vont au marché de Hannut, Huy, Namur.

habitations et agglomération

Il n’existe guère d’habitation propre au cultivateur. La plupart d’entre eux possèdent un corps de logis, des étables, une grange et des rangs de porcs, et la disposition tient plutôt compte de l’espace disponible.

Les maisons sont toutes faites en briques, fabriquées sur place. Les toits faits en tuiles ou en éternit. Les anciens toits de chaumes et les vieilles constructions en argile sont disparues.

Population : La dépopulation a surtout pour cause l’émigration, non compensée par l’immigration, la dénatalité depuis la guerre (14-18) l’emporte de 5 unités sur la natalité.

Le cultivateur s’expatrie très rarement, ce sont surtout les ouvriers locataires qui cherchent ici et là quelque ouvrage.

Une quinzaine d’ouvriers s’en vont travailler dans les usines métallurgiques de la vallée de la Meuse.

Leur influence sur le bien être du peuple, sur l’agriculture et la morale est minime vu leur petit nombre et le peu de contact avec les cultivateurs. L’ouvrier agricole est économe ; c’est un fait acquis par le campagnard de Hesbaye. Il ne dépense qu’à bon escient ; ils possèdent presque tous un livret de caisse d’épargne qui à l’occasion sert pour acheter une terre, une machine agricole ou améliorer leurs habitations.

Le cultivateur est plutôt réfractaire à l’idée de syndicalisme ; il préfère s’isoler, dût-il même en souffrir dans l’achat de provisions et la vente de ses produits.

Les cafés sont pour lui autant de lieux inconnus qu’il ne fréquente que les jours de kermesse et de grande fête. Bien que le paysan déguste bien une petite goutte de genièvre. Les occasions de réjouissance sont fournies par les fêtes, les réunions de famille, les discussions aux coins des rues en été.

Les cinémas et les sports attirent la jeunesse seulement. La bonne moyenne de la population est religieuse. Chacun sauf quelques exceptions fait ses Pâques et assiste régulièrement à la messe. Cependant le sentiment devient moins intense, l’impression générale est que la routine est reine.

Avin et la guerre de 1914-1918

Avin ne fut pas choisi comme champ de bataille, sa situation au milieu du pays et pays essentiellement agricole sans richesse minière ni industrielle. Les Allemands venant de Liège et se dirigeant sur Namur passèrent à Avin du 7 au 8 août, seulement alors quelques unités. Puis le gros des troupes occupèrent le village du 13 au 15, puis Namur fut bombardé le 15 août 1914.

Avin procura pour cette longue campagne de 4 années 15 de ses meilleurs enfants, malheureusement trois d’entre eux versèrent leur sang pour la défense de leur chère Patrie. Chaque année les anciens combattants assistent à la messe pour leurs confrères morts, le jour anniversaire de leur victoire ; chaque année, ils organisent une magnifique séance de réjouissance, suivie d’un bal et d’une riche tombola.

À Avin, aucun fait particulier n’est à signaler pendant les 4 années d’occupation des Allemands en Belgique. À Moxhe, à 100 mètres de la limite d’Avin, les Allemands montèrent sur les toits, tirèrent sur les paysans et en abattirent quelques uns.

Enfin en 1918, les Allemands repassèrent en hâte, suivis des Canadiens qui eux restèrent plus de 3 semaines dans notre commune où leur fut faite de belles et joyeuses manifestations.

le bureau de bienfaisance

Origine : Mlle Maréchal épousa l’abbé Simonon, celui-ci meurt pendant son voyage de noces, alors elle épouse le Comte de Looz, cependant elle laisse ses biens, en partie du moins, aux pauvres de la commune d’Avin. C’était M. le curé de la paroisse qui distribuait le revenu de ces terrains aux pauvres, aux malheureux, aux besoins des habitants d’Avin. Cette distribution se faisait à la vieille école, actuellement maison habitée par Oscar Courtois.


Lieu où se tenait le premier
bureau de bienfaisance

Rue d'Atrive avant 1920
Ancien bureau de bienfaisance

Importance : Les biens de M. Simonon s’étendaient sur l’étendue de plusieurs communes et comptaient pour totalité environ 57 ha.

Répartition : 53 ha à Latinne ; 1 ha 16 ares à Avin ; 95 ares 80 ca à Ambresin ; 2 ha, 1 are, 60 ca à Braives. Notons de plus que le Bureau de Bienfaisance compte à son actif 92.700 F. de rentes belges.

Le montant annuel de la location des terres s’élève actuellement pour le fermage de 38 à 43.326,80 F., ajoutons que le droit de chasse s’élève également à 1.167 F.

Organisation : Le Bureau de Bienfaisance est composé de 5 membres nommés par la commune avec représentation proportionnelle, ils sont élus pour une période de 6 ans.

Le bourgmestre entre de droit dans l’organisation.

Distribution : Tous les indigents bénéficient des soins du médecin, du pharmacien, du soin des hôpitaux et des maternités. Certains indigents jouissent soit du médecin et ½ pharmacien et d’autres de l’entièreté des soins à recevoir.

Pour marquer la visite médicale, le bureau demande aux indigents de se présenter chez le secrétaire du bureau actuellement M. Hubert Courtois afin d’y prendre un ticket à remettre au docteur pour sa visite, ce ticket est payé 5 F. par le demandeur. Le pharmacien tient dans un registre lui décerné par ledit bureau, les noms des personnes ayant droit à quelque partie de leurs frais pharmaceutiques.

Tous les mois, il est remis aux pauvres de la commune un bon payable chez le secrétaire, ce bon varie selon les besoins du demandeur et suivant le jugement porté par le bureau lors de ses séances.

Pour besoins urgents, le secrétaire et le président peuvent décider par l’affirmative ou la négative à la coopération du bureau pour les frais que le demandeur se propose d’échafauder.

Le bureau se réunit par convocation du président quand la nécessité s’en fait sentir ou pour vérifier tel ou tel compte nécessaire.

Commentaires

Afficher/cacher le formulaire SVP, identifiez-vous pour poster des commentaires ou des réponses.
Mise à jour le Jeudi, 18 Décembre 2008 10:18