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Accueil Histoire d'Avin-en-Hesbaye Avin à travers les Âges

Avin à travers les Âges

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Chapitre 3

avin à travers les âges

Préhistoire – Période romaine – Période franque – Les Carolingiens – La Féodalité – Communes.

N.B. On ne peut retrouver dans aucunes archives soit communales, soit paroissiales, soit dans celles des villes environnantes, quelques mots qui portent à croire qu’Avin eut dans son actif quelque fait d’importance relative.

hesbaye : La Gaule Belgique était loin d’être unifiée lorsqu’elle fut envahie par les légions de César en 57 avant notre ère. Ses principales tribus s’échelonnaient sur les deux routes qui ont été de tous temps de grandes voies commerciales et stratégiques, qui traversent les zones les plus ouvertes et les plus fertiles : les Éburons en Hesbaye… c’est la voie entre le Rhin et la Seine ; d’après plusieurs estimations de valeur, cette voie ne pourrait se trouver loin de notre localité.

La tribu des Éburons de Hesbaye était fortement mélangée d’éléments germaniques. Lors du soulèvement de la Gaule, dirigé par Vercingétorix, un grand nombre de tribus belges et à leur tête les Éburons, ralliés par Ambiorix et la Atrébates, conduits par Comn reprirent les armes. Cependant César parvint à réprimer l’insurrection et livra une seconde fois l’Éburonie à l’incendie et au massacre (51).

La romanisation se répandit particulièrement le long des voies militaires construites dès le début de la conquête parce que ces voies servirent également au trafic.

De Reims et de Cologne rayonnaient vers la Meuse et l’Escaut de nombreuses chaussées, jalonnées de bornes et de relais et formant un réseau considérable. La voie maîtresse qui reliait ces deux centres vitaux passait par Bavai, Tongres et Maestricht ; de plus spécialement cette voie passe à quelque cent mètres au nord d’Avin, ce qui prouve clairement le passage des légions romaines sur au moins une partie du village.

Les Francs Ripuaires s’avancèrent jusqu’aux bords de la Meuse en longeant la lisière nord de l’Ardenne, ils passèrent le fleuve à 3 ½ km à l’est d’Avin pour aller coloniser la Campine. Le souvenir des temps carolingiens s’est perpétué très vivace dans beaucoup de localités de la Campagne hesbignonne ; dans le pays de Liège, on attribua à Charlemagne la paternité du droit coutumier franc qui, jusqu’aux temps modernes, y fut désigné sous le nom de loi Charlemagne. On finit même par faire de lui le fondateur de la commune liégeoise à laquelle il aurait concédé des lettres scellées d’or et offert le fameux étendard de Saint Lambert.

De la Féodalité à la Révolution française.

Beaucoup plus restreint que la province de ce nom, le comté de Namur eut pour noyau l’Entre-Sambre-et-Meuse. Entamé par l’évêché de Liège, mais accru vers Charleroi, Andenne et Dinant, le comté de Namur garda jusqu’au 12e siècle la dynastie issue de Berenger (gendre de Regnier au Long Col) vers 908, il eut comme successeurs Robert I et Albert I vers 980 ; enfin Godefroid régna comme chef de Namur vers 1105-1139.

En 1028, les archives paroissiales relatent l’existence de l’église d’Atrive faisant partie d’Avennes. Baudouin V épousa Marguerite, sœur de Philippe d’Alsace, or Philippe mourut et ainsi Marguerite lui succéda et la Flandre et le Hainaut étaient réunis ; enfin Baudouin réunit les trois comtés en y ajoutant celui de Namur. À sa mort, Namur passa à Philippe le Noble.

Un comte de Namur qui nous intéresse particulièrement est Henri l’Aveugle, fils de Godefroid. Il hérita du Luxembourg par sa mère Ermésinde. Le règne de ce prince, brave comme ses ancêtres mais souvent malheureux dans ses entreprises fut d’abord rempli de guerres et de batailles. Henri vint guerroyer contre le prince évêque de Liège à l’est d’Avin à quelque 10 m de la limite du village, cette bataille porte le nom de bataille dans les marais de la Neuville, ou maintenant aux environs du hameau de Ciplet qui porte ce nom.

Avin et Atrive constituaient un des 7 bailliages du Comté de Namur. Ils furent joints au xviiie siècle au bailliage de Wasseiges.

Le seigneur d’Atrive était l’un des 12 pairs du comte de Namur, il siégeait comme tel à un tribunal suprême du Comté. Il possédait dans son fief une cour de justice et il portait le titre de chevalier dans la famille d’Hauterive.

seigneurs d’atrive : Le plus ancien seigneur dont on retrouve la trace est Lambert d’Atrive. Ce seigneur avait, pour un motif qui nous est inconnu, encouru l’excommunication. Le 3 novembre 1034, il concède à l’évêque Réginard le droit de collation de l’église d’Atrive, en payement qu’il devait.

Par la même charte, Réginard donne cette église à l’Abbaye de Saint-Laurent de Liège.

N.B. Au point de vue spirituel, Avin semble donc avoir dépendu de l’évêché de Liège.

On relève parmi ses successeurs : Guillaume d’Atrive. Celui-ci avait épousé Peronne, fille de Raoul de Viesville sire de Sart et de Gosselies et de Pétronille de Rumigny. Il en est question en 1130 et en 1133. Il eut deux fils : Philippe et Conon.

Philippe d’Atrive : Philippe d’Atrive, son fils aîné, lui succéda dans la possession de la seigneurerie d’Avin et d’Atrive. Il avait épousé Anfilise, d’autres disent Eulalie, fille de Clarembaut du Rosoy et d’Elisabeth de Namur. Il est question de lui dans les chartes de 1154 et de 1175. Il engendra Clarembaut qui suit, Guillaume et Philippe.

Clarembaut I succéda à son père. Il en est question dans une charte de la cathédrale de Liège en 1184.

Propriétés : d’après le livre des feudataires de Jean III, duc de brabant, Clarembaut d’Atrive tenait en fief de celui-ci la ville de Braives, jusqu’au pont-levis ; la ville de Ciplet avec la justice et l’avouerie de Moxhe et la commune d’Ambresin.

Selon le prince de Liège, le château de Braives et la ville de Ciplet étaient francs-alleux liégeois. Les villes de Braives et Brivioulle, fiefs de l’évêché. Notons qu’en suite des dévastations que Braives avait à subir fréquemment des Brabançons, les États votèrent des aides pour créer un fossé bastionné qui devait aller de la Méhaigne à Braives, jusqu’à Lens-Saint-Remy.

Les travaux furent entrepris par les liégeois vers 1450 sous le prince évêque Heinsberg. Maintenant on en verrait encore des traces au Grand-Marais à Lens. Remarquons qu’en 1291 nous eûmes un curé à Atrive et qu’alors également Ciplet se sépara de la Seigneurie d’Avin.

résidence du seigneur d’atrive. Les anciens seigneurs n’ont hélas rien laissé de leurs demeures, d’ailleurs celles-ci ont-elles eu au surplus quelque valeur architecturale ?

Les seigneurs de la famille d’Autrive ne devaient posséder qu’une tour. Celle-ci était située en Lonu ou en Lhonneux dit un ancien curé, et en 1850 on voyait encore sur la butte féodale d’importants débris de la tour. Lonu est un lieu sis sur la rive droite de la Méhaigne donc tout au nord du village ainsi que des deux hameaux d’Avin et Atrive. La butte aujourd’hui encore est visible malgré toutes les transformations apportées à ce terrain pour en faire de belles prairies exploitées par les cultivateurs d’Avin. L’endroit où la butte est apparente est encadré dans la prairie tenue par M. Maurice Labye. Des archéologues réputés sont venus à plusieurs reprises fouiller ces terrains, mais il paraîtrait que de nombreux nomades venaient s’y installer ainsi ils auraient pu exploiter ces régions selon leur bon désir.


Emplacement de la motte féodale

querelles intestines. En 1312, Clarembaut II fait, disent certains, relief devant la cour féodale du duc de Brabant de la villa d’Autrive usque ad pontem (jusqu’au pont-levis). Pourquoi ce relief d’un fief namurois devant la cour de Brabant ?

Ne s’agirait-il pas plutôt de l’avouerie de Moxhe que Clarembaut releva cette même année devant la cour féodale du Brabant. Est-ce pour obtenir cette avouerie qu’il aurait fait hommage de sa terre d’Atrive ?

Ces points sont encore obscurs.

Il est possible toutefois qu’à ce moment Clarembaut fut en querelle avec le comte de Namur. En effet, nous voyons le comte de Namur lui enlever à cette époque la seigneurie de Hollogne-sur-Geer, dont il avait investi Guillaume d’Atrive, père de Clarembaut II, le 18 mars 1230. Le comte de Namur investit de cette seigneurie Jean de Harduémont qui en fit relief le 6 novembre 1311.

N.B. Il est encore question de Clarembaut d’Atrive dans de nombreux documents – en août 1313 – dans un accord fait à Floreffe entre le comte de Namur et Gobert de Bioul au sujet de la propriété du bois de Marlagne.

Cet acte porte les sceaux de Hugues, prince évêque de Liège et de Clarembaut, seigneur d’Atrive.

Mœurs et coutumes. Avin et Atrive dépendaient d’Antheit et d’Andenne pour les contributions à payer au couvent d’Antheit, Atrive comptait 30 foyers, Avin 8 foyers et enfin Mohéry 15 foyers.

Les habitants d’Atrive avaient pour coutume immémoriale de payer 3 pains par an, un à Noël, un à Pâques et un à la Pentecôte. Enfin chaque personne mariée était redevable de 7 œufs et les enfants adultes, 2 œufs, et les enfants qui communiaient un patard.

historien de la hesbaye. Nous ne pouvons traiter l’histoire d’une commune de la riante cité hesbignonne sans parler quelque peu de son brillant et illustre historien : c’est un chanoine liégeois Jean le Bel (1370). Il était apparenté à la petite noblesse batailleuse de Hesbaye, ce qui explique d’ailleurs son idéal essentiellement chevaleresque. Il célèbre dans ses chroniques les beaux coups d’épée, les fêtes brillantes, les aventures romanesques.

À la demande de ses protecteurs, il a rédigé ses chroniques qui reflètent la vie féodale, fastueuse et élégante, de cette époque et qui se caractérise par un grand souci d’impartialité.

Grâce à sa connaissance des deux langues nationales, il peut converser aussi bien avec Flamands et Brabançons qu’avec Hennuyers et Liégeois, d’où une grande popularité…

période espagnole. Les Espagnols sont battus en 1635 par les Français à Avin, arrondissement de Huy, canton d’Avennes, la note est bien spécifiée quant à la date et à l’endroit.

période autrichienne. Cette période intéresse Avin et Atrive pour plusieurs raisons ; en effet, c’est sous Joseph II qu’Atrive avait un bailliage et en formait un des sept de Namur.

C’est en 1776 qu’Atrive fut intenté dans de nombreux procès entre le gouvernement de Namur, mais notre village fut défendu par une compétence M. Bervey qui valu à Avin le bonheur de gagner sa cause. La plupart des terrains d’Avin appartenait aux Jésuites mais Joseph II ayant supprimé cet ordre, ceux-ci partirent de notre commune, le gouvernement s’empara de leurs biens ; une seule ferme appartenait encore à M. Hankenne. Ce fut aussi sous le pontificat de Clément XIV que se firent tous ces scandales.

l’église d’atrive était située au milieu de la rue d’Atrive, ce terrain est tenu maintenant par M. Oscar Courtois ; en creusant un trou l’année dernière (1938), ce propriétaire retrouva encore des os provenant du cimetière attenant à l’église d’Atrive.

C’est là également qu’on érigea les premières écoles en 1830 de la commune. En 1204 arriva le premier curé d’Atrive. L’évêque de Namur a déclaré qu’on ne pourrait plus dire la messe parce qu’elle tombait en ruines en 1756 et elle fut démolie en 1804.

l’église d’avin. Avin possédait également son église. Celle-ci était située à l’extrémité est des propriétés de Melle Moncheur (le long du chemin Avin-Ambresin) et le presbytère était sis sur les propriétés actuelles du Comte de Looz donc de l’autre côté même de ladite route.


Ancienne église
d'Atrive (Ferraris)

Vieille école communale
à l'emplacement de l'église d'Atrive

Ancienne église
d'Avin (Ferraris)

Emplacement de
l'ancienne église
d'Avin

Il y eut un grand procès entre l’église d’Atrive et celle d’Avin ; Atrive était plus grand qu’Avin. Mais Avin après beaucoup de travail de ruses parvint à l’emporter sur l’adversaire, car elle était du côté de riches propriétaires qui par leur influence firent gagner le procès. À ce moment, nous avions les Mignons. Et enfin Jeanne de Ciplet en 1772 fonde un anniversaire sur la maison de Florent Labye. Et en 1756, le curé Boucher fut nommé par concours mais l’église était pauvre et sans mobilier, grâce à son ingéniosité et son ardeur elle reprit vigueur et devint en 1778 l’église unique d’Atrive et d’Avin.

On fit une collecte pour refaire l’église d’Avin et on récolta 379 francs. Ce qui est énorme pour l’époque et puis pendant la cure de l’abbé Duvey on construisit un beau presbytère, c’était en 1778. Enfin, en 1909, Madame de Diest voyant la désuétude de cette église et son mauvais emplacement pour le village fit construire (avec les paroissiens) en donnant un magnifique terrain l’église actuelle d’Avin, elle fut construite en 1909.

Remarquons que Notre-Dame de Bon Secours qui était dans l’église d’Atrive attirait nombre de pèlerins chaque année. Elle fut ramenée en 1755 en l’église d’Avin pour retourner en 1938 à Atrive dans une chapelle qu’on a construite pour elle, une magnifique procession conduisit la bonne Dame dans son quartier originel.

révolution française. Avin appartenait à la province de Namur et après la Révolution, la Belgique fut divisée en départements. Dès lors Avin fit partie de Liège en étant fixé dans le département de l’Ourthe.

Et enfin en 1856, Monseigneur de Montpellier détacha la Waloppe d’Avin et celle-ci fut rattachée à la commune d’Ambresin.

Le grand historien du xviie siècle fut le célèbre Grammaille. C’est de lui que beaucoup de nos histoires trouvent moyen de s’élaborer.

N.B. En 1753, le gouverneur de Hollande vendit le bailliage d’Avin à Clarembaut pour la somme de 2.600 florins. À Namur siégeait un tribunal pour le comté de Namur, il était dirigé par un président et 12 pairs. Avin avait l’honneur de fournir un pair comme assistant au Tribunal.

C’est aussi à la Révolution française que beaucoup d’ordres religieux furent supprimés. Dans le château d’Avin actuellement occupé par M. le Comte de Looz-Corswarem, se tenaient les Jésuites ; ceux-ci furent expulsés et le château fut racheté au gouvernement qui en avait pris possesssion par les Mignon, ensuite par héritage aux Simonon puis aux comtes de la lignée actuelle.

Notons qu’à la commune tous les documents quelque peu historiques qui se trouvaient à la maison communale furent emportés et même un grand nombre brûlés sur place. Même des documents de l’église furent examinés et on peut encore remarquer que plusieurs pages furent tout simplement arrachées.

histoire de la pierre d’atrive. Il y a quelque dix ans (1929), deux archéologues rendaient visite à M. le curé d’Avin, en ce temps l’abbé Alphonse Godard. Ces messieurs d’après des études approfondies sur l’histoire de nos communes voulaient qu’Atrive eût possédé deux villas romaines situées à une distance constante l’une de l’autre par rapport à celles qui étaient construites à Ciplet, Braives, etc… Certains documents affirmaient que les curés pendant la Révolution française avaient caché la pierre souvenir chez eux. Ces savants montraient au curé la forme approximative d’après les documents de la province.

Sur celle-ci étaient gravées plusieurs inscriptions en latin. En effet, dans les livres de l’église est renseignée cette pierre qui fit l’honneur de nos vieux parents mais à présent on ne peut la retrouver. Beaucoup de recherches furent entreprises, le seul résultat fut la trouvaille de quelques débris de poteries anciennes avec des dessins de tête de cheval, de sangliers, des épées, etc…

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Mise à jour le Jeudi, 18 Décembre 2008 10:18