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Accueil Histoires de l'Aronde À la Source (Hosdent)

À la Source à Hosdent

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«À LA SOURCE» à Hosdent,

une Fermette, une Rente de 1490 à 1990

 

En 1470, vivait et même, dirions-nous, sévissait à Fallais un imposant propriétaire, héritier d'Henrard délie Motte lequel était, vers 1435, «mayeur délie haulteur et justiche de Phalaix» La liste des biens pour lesquels ce Jakemin Motte paye les nombreuses recettes et rentes à la Sainte Gertrude est longue et comporte plusieurs pages.(1)
Son épouse Marguerite l'assiste à la rédaction de son testament, à la fin du siècle, aux environs de 1490. Le Clergé du lieu y est prié de bien vouloir faire chaque année leurs anniversaires et une belle Rente est ainsi «légatée» avec, comme cela en est alors l'usage, la garantie adéquate : la cour, maison et jardin qu'ils habitent à Fallais.
Leur fils Wathoule vit sans grands problèmes apparents en profitant de tous les biens lui légués par ses parents. Il est cité le 16 juin 1502 dans une submission effectée devant la Cour de Fallais qui fait appel aux Seigneurs Echevins de la Haute Justice de Liège.(2)
Par contre, nous trouvons son héritier William «dominé pour la troisième fois suyvant la première fois sur sa maison condit du Tombeu audit Falaix pour faulte de payement», le 21 mai 1534 (3). Ces biens tomberont ensuite aux mains d'un certain Wanthoule Pety.
Le 24 janvier 1602, Jacques Petit fait relief d'une cour, maison et jardin contenant cinq verges grandes... gisantes derrière le Tombeu. Il sera payé annuellement au Curé de l'Eglise de Fallais deux setiers d'épeautre de Rente et à l'Eglise du-dit lieu aussi deux setiers, échéant à la Monseigneur Saint André, apôtre, avec provision de payement jusqu'en la Purification Notre-Dame qu'on dit Chandeleur, lesquels quatre setiers de Rente ont «ci-devant été légatés as membres susdits par Jacqmin Motte et Marguerite sa femme pour faire d'an en an leurs anniversaires» (4).
Le fils de Jacques Petit, prénommé Chariot, vit de 1573 à 1642, il a deux filles : Jenne et Anne. Cette dernière épouse, en 1623, Johan Prophète; ils reçoivent à cette occasion l'une un cheval «moreau», l'autre un journal (env. 2000 m2) à Baronchamps, Hosdent. Par leur testament du 1er mars 1654 passé par-devant le Pasteur Sébastien Hollongne de Fallais, Jean et Anne lèguent à leurs filles Idelette et Marguerite la maison où ils demeurent présentement dessus le Tombu... provenant de Charles Petit.(5)
Parmi tous les héritiers officiels de Charles Petit en 1667, on trouve Ernest Poncelet et Pierre Prophète de Fallais, Libert Collart et Jean Collart de Hosdent(6). En effet, Marguerite Prophète, fille d'Anne Petit et de Jean Prophète épouse, en 1667, Ernest Poncelet. Son tuteur est Charles Longrée, meunier du moulin à huile.
De 1668 à 1702, ce sont les représentants de Charles Petit, à savoir Jean Prophète et Ernest Poncelet, qui payent une rente sur des biens dessus le Tombu (7). Après cela, «Ion at fait grâce des arriérez audit Ernest Ponslet et sa veufve a raison des guerres et de la pauvreté pour escus pour aussy les aultres parties de rente de sept stiers spelte par an en tout». De 1692 à 1710, les payements annuels sont effectués par Ernest Poncelet, Jean Collart... «Jean Collart et ses représentants ayant représenté Libert Collart son père au nom duquel at payé cy-devant Jean Jehoulet de Hosdent son beau-frère et beau-fils respectivement, sept stiers... pour l'anniversaire Jacqmin Motte sur un certil et pourprise contenant environ quatre verges dessus le tombu (8).
On voit, par la suite, qu'en l'an 1712, au mois de juin, il a été «déminé» sur les biens de feu Libert Collart et Jean Jehoulet à Hosdent où il s'est trouvé que Jean Collart le jeune y possédait treize verges de terre en deux pièces venant de Libert Collait et donc Libert Jehoulet, pour garder sa maison et héritage provenant de sa mère Barbe, fille à Libert Collart, a été obligé de purger la saisine.
Dans une copie de cette saisine (9) du 16 janvier 1713 devant la Haute Cour de Justice de Hosdent, Libert Jehoulet promet de payer et reconnaître au Curé de Fallais la-dite rente de sept setiers d'épeautre. La garantie passe ainsi du «TOMBU» de Fallais aux «RUELLES» de Hosdent.
Libert paye la rente de 1711 à 1722, puis Jean Jehoulet jusqu'en 1766, ensuite son fils François prend la relève jusqu'en 1779 et son petit-fils André de 1780 à 1822 (10).
Sur un acte nouvel dressé le 19 décembre 1822 par le Notaire royal Dieudonné Eugène Paillet, avec copie de l'inscription hypothécaire du 26 juillet 1825 et bordereau de créance «résultant de payes trentenaires accomplies avant mil sept cent quatre-vingt quatorze», le sieur André Jehoulet, cultivateur de Hosdent, reconnaîtra et payera la rente de deux cent et huit litrons six cent nonante huit millièmes ou sept setiers d'épeautre à la Fabrique de l'Eglise succursale de Fallais.
En 1854, le 19 septembre, maître Eugène Paillet reçoit les héritiers : Marie-Rosalie Jehoulet, épouse de Lambert Fontaine, bourrelier et leur fille Marie-Hortense Fontaine, ménagère. André Joseph Destoquay, cultivateur, tuteur des enfants mineurs de feu Joséphine Jehoulet.
La propriété aux Ruelles de Hosdent est remesurée par le géomètre François Henault de Fallais : elle contient réellement vingt et un ares quatre-vingt centiares. La Rente est reconduite jusqu'en 1884.
Là, le 4 mai, comparaissent devant maître Paillet : Hortense Fontaine, ménagère. Pierre Joseph Fontaine, garde-champêtre. Alexandre Fontaine, cultivateur, tous trois de Hosdent, lesquels se reconnaissent débiteurs solidaires envers la Fabrique d'Eglise Succursale de Fallais.
Le 26 juin 1915, titre nouvel devant maître Paul Cartuyvels de Braives. Ce sont Auguste Fontaine, domestique de ferme et Alexandre Fontaine, cultivateur qui se partagent le payement de la Rente.
Pour la première fois apparaissent les numéros cadastraux des sections et parcelles. Le 10 novembre 1922, vente aux enchères par-devant maître Paul Cartuyvels, les deux enfants d'Alexandre Fontaine et Valérie Lheureux étant interdite de l'administration de leurs biens.
La propriété s'est agrandie, elle compte à présent plus de quarante cinq ares.
Environ cinq ares seront adjugés à Louis Lamelle, cultivateur de Latinne, sept ares à Edouard Lemestré, ouvrier d'usine, également de Latinne et trente quatre ares à Nicolas Lemestré-Fontaine né à Braives. Edouard payera 1/5 de la rente, qui est reprise en détails à l'article six du contrat de vente et Nicolas, les 4/5 restants, à savoir cent quarante et un litres quarante six centilitres évalués, en capital, à la somme de trois cent quatre-vingt cinq francs. Et enfin, à la date du 31 décembre 1926 (11), une copie émanant de l'Etude de maître Paul Cartuyvels et reprenant les comptes de la Fabrique d'Eglise de Fallais nous apprend que la Rente due par Edouard et Nicolas Lemestré est remboursée en principal, par la somme de 1094,08 francs et, de ce fait, s'éteint à tout jamais.
Les comptes détaillés de la Fabrique d'Eglise (12) signalent, vu que plusieurs rentes ont été remboursées en 1926, que la Fabrique allouera au Curé, en l'année 1927, pour les Fondations, messes chantées et saluts, la somme de 720,67 francs, le reste à la Fabrique. Des terres sont louées, les loyers remplacent les rentes et les messes continuent à être dites. On y note aussi que, de 1922 à 1943, une messe basse est toujours donnée, chaque année, pour Jacquemin Motte et son épouse Marguerite, fondateurs d'il y a cinq siècles ! La rente était annuelle et perpétuelle, la messe basse restera.
N.B. Les enfants de Nicolas Lemestré et Victoire Fontaine vendirent la maison et ses terres à Mme Cardinael d'Etterbeek le 27 septembre 1972.
Pour la première fois, la Rente avait disparu des textes officiels de transmission de propriété de cette sympathique fermette, que j'ai eu le bonheur d'acquérir, de Madame Cardinael le 28 décembre 1984.

 

Freddy Van Daele «A la Source», 4261 Hosdent

 

1. A.E.H. COUR JUSTICE FALLAIS. REG. 38 F°l et suivants
2. A.E.L. CONSEIL PRIVE. N° 2864. FALLAIS
3. A.E.H. COUR JUSTICE FALLAIS. REG. 2
4. A.E.H. COUR JUSTICE FALLAIS. REG. 37bis F°I69 (recopie)
CURE DE FALLAIS. REG. 15. F°34. (texte original)
5. A.E.H. COUR JUSTICE HOSDENT. REG. 1. F°22 du 24.12.1661
6. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 3. F°53
7. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 3. FF° DIVERS
8. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 15. FF° DIVERS
9. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 22. FF0 DIVERS
10. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 38. F°5
11. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 33. FF° DIVERS
12. A.E.H. CURE DE FALLAIS. REG. 20 à 42
13. mes plus vifs remerciements vont à : ADMINISTRATION COMMUNALE DE BRAIVES ARCHIVES DE L'ETAT DE HUY ET DE LIÈGE MONSIEUR LE DOYEN BOINON DE BRAIVES MAÎTRE BENOÎT CARTUYVELS DE BRAIVES MONSIEUR JOSEPH CHARLIER DE BRIVIOULLE MONSIEUR PIERRE CLAEYS DE BRUXELLES
POUR LEURS PRÉCIEUX CONSEILS LORS DE LA PRÉSENTE PREMIÈRE RECHERCHE.

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