Site d'Adrien Daxhelet

Site d'Adrien Daxhelet

  • Augmenter la taille de police
  • Taille de police par défaut
  • Diminuer la taille de police
Site optimisé pour le navigateur Firefox
Accueil Histoires de l'Aronde Blasons du bassin de la Mehaigne

Blasons du bassin de la Mehaigne

Envoyer Imprimer

L'IESTRIER DOU PAÏS

Blasons du bassin de la Mehaigne - Xllle et XIVe s.

par Joseph DELEUZE, Meeffe

 


Dans le monde féodal, le blason permettait d'identifier le guerrier quand la visière du heaume était rabattue. Pour le combattant, au cours de la mêlée, le blason et ses figures étaient d'importance capitale. Bien que dissimulé sous le heaume et impossible à reconnaître "nus n'osait estre coars, partant que on ne connaissait les bons et les mauvais à leurs blasons". Motif d'exaltation et d'orgueil, nécessité tactique, dès le moment où amis et ennemis ne sont plus reconnaissables (toute bataille était précédée des "monstres" ou revue des troupes pour "monstrer" les armes qui allaient combattre) le blason était obligation autant qu'ostentation et l'héraldique s'avérait la plus dure, la plus astucieuse méthode pour tenir et reconnaître les gens au combat. Le bulletin du Vieux Liège (n° 191-t XIV - oct.-déc. 1975) nous rapporte qu'au sud du pays des bandes (secteur axé sur l'Ierne et le cours supérieur du Geer) une formation caractérise le bassin de la Mehaigne : celle des étriers, brisures diverses de l'écu de Hosden. La Seigneurerie de Hosden, sur la Mehaigne, au nord de Fallais, aujourd'hui englobée dans la commune de Braives (section Latinne), portait de gueules (rouge) aux trois étriers d'argent (placés en triangle). La brisure la plus courante en sera d'un franc quartier ou d'un canton, brisure inspirée sans doute par l'ancien comté de Moha qui portait d'argent au franc quartier de gueules. On rencontre cette première brisure à Hemptinne : d'un franc quartier d'argent chargé d'une rosé quinte-feuilles de gueules. Latinne, Chantraine (Warnant), Burdinne et Lamontzée sont également de cette brisure et Marneffe transformera ses armes au cours des années. Aussi de première brisure, Acosse portera un écu de sable aux deux étriers d'argent et brisé d'un franc quartier d'hermine. De secondes brisures procèdent des premières : Meeffe portera d'argent à deux rosés de gueules au franc quartier du même chargé d'un étrier d'argent et sera l'exacte inversion d'Hemptinne. Une troisième génération de brisures apparaît avec les Noirons d'Avennes et Héron. En quittant le bassin inférieur de la Mehaigne, on trouve encore, quelques brisures d'un franc quartier, comme à Linsmeau. Des maisons originaires de la Principauté de Liège ont porté l'écu aux trois étriers, comme "de Ryckman de Betz", "de la Rice" etc... En Ardenne, Noirfontaine portera de sable aux trois étriers d'argent. Mais à Waleffes, Strée et Rixensart se maintient intact l'écu des "Hosden" que toutes ces armes soient bien les dérivées de celles des Hosden, la preuve en est apportée par les plus éloignées : les "Rixensart". L'armoriai de 1363 enlève le dernier doute en précisant le cri des Rixensart : "Housedan (Hosden) et tout l'iestrier dou pays". Hosden est-il l'estoc originaire d'où sont issus les lignages qui portent les brisures ? (1). Ou bien Hosden qui fut longtemps châtelain de Moha, jouissait-il d'un prestige tel que les voisins et alliés ont marqué en leurs armes cette allégeance ?
Quoi qu'il en soit, la position des unités sur la carte donne tout son sens à l'héraldique : mise en place par la noblesse dont la vraie profession est celle de gendarme à cheval, d'une organisation permanente de police ou de milice, laquelle ne correspond à aucune division politique connue : Principauté de Liège, Duché de Brabant, Comté de Namur. La chaîne féodale est formée de maillons personnels sans références aux institutions politiques et résolument réfractaires aux nationalismes étriqués. Le principe générateur de la féodalité est d'indépendance et de souveraineté individuelles. Au plus fort des longues guerres d'Awans et de Waroux (1290-1335) pendant que l'évêque Adolphe de la Marck assiège Bouvignes, le Comte de Namur, Jean de Dampierre, cherche à créer une diversion en Hesbaye et il lance l'attaque le 3 août 1321. "En Esbain y ray si-feray teile doleur que ons parlerai milh an ains chi après" s'était écrié le Comte de Namur. Héron surprise est brûlée, Lamontzée se défend fort bien. L'ost hesbignon se rassemble à Latinne et fait mouvement vers Lamontzée, Burdinne et Marneffe ou Flamands et Namurois sont mis en déroute. Saumery reparlera de cette bataille "au près de Burdinne où furent défaits six mille hommes et cinq cents gendarmes flamands. Aux noms des barons qui furent "al dit estour" nous verrons en face des lions de sable se déployer tout l'armorial de Hesbaye. Les étriers : Lamontzée, Johan de Mangoule de Latinne, Arnoul de Marneffe, ses quatre fils et son gendre, son frère aîné et son cousin. "Et quand l'estour fut passées, si vinrent cheaux de Meffe. Si s'en rolèrent tout ensi qu'ilh estaient venus". Etaient-ils couards à ce point ou bien l'isolement géographique dans le comté de Namur avec les nombreux incendies et dévastations de toutes sortes qu'ils avaient subis les avaient-ils rendus prudents ? Un autre blason qui caractérise le cours moyen de la Mehaigne est la rosé quintefeuille de gueules (rouge) Atrive, aujourd'hui englobé dans le village d'Avin, portait d'argent aux trois rosés quintefeuilles de gueules on retrouve étrangement ce blason scellé dans la tour de la ferme de Buay à Meeffe pourtant citée comme propriété de l'Abbaye de St Laurent à Liège, du moyen-âge à la révolution française et territoire de la principauté. Il existait des alliances entre les étriers et les rosés puisque Meeffe portait le blason des "Atrive avec la brisure aux armes des "Hosden" et que Hemptinne portait les armes des "Hosden" avec en brisure les armes des "Atrive". Ces alliances personnelles autour de la plaine de la Mehaigne sont en dehors d'une union politique connue,... On peut donc dire que ce bassin fut longtemps déchiré entre les trois grandes divisions - Liège - Brabant - Namur. L'individualisme de notre région n'est donc pas seulement le principe générateur de la féodalité, synthèse des libertés germaniques et du droit foncier romain, mais il est du à la situation de celle-ci au milieu de la Principauté, du Duché et du Comté.

estrier1

1) Brisure : Modification apportée aux armoiries d'une famille pour distinguer une branche cadette ou bâtarde de la branche principale ou légitime.
2) Héraldique : les émaux : Or - Argent - Sable (noir) - Gueules (rouge) - Sinople (vert) - Azur (bleu) - Hermine (blanc) - Vair (points blancs et bleu alternés).

Commentaires

Afficher/cacher le formulaire SVP, identifiez-vous pour poster des commentaires ou des réponses.
Mise à jour le Mardi, 20 Janvier 2009 15:42