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André van Hasselt

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(Extrait de : André van Hasselt, Association des Écrivains belges, 1906)

PRÉFACE

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André van Hasselt naquit le 5 janvier 1805, à Maestricht. Il mourut, le 1er décembre 1874, à Saint-Josse-ten-Noode.

Il était membre de l’Académie Royale de Belgique (classe des Beaux-Arts) depuis 1837, et il remplissait, depuis 1844, les fonctions d’inspecteur des Écoles Normales.

Sa longue vie, toute de probité et de labeur intellectuel, a été retracée, dans ses phases mémorables, en un livre qui date de 1877 : André van Hasselt, sa vie et ses travaux, par Louis Alvin.

Le même auteur lui consacra également d’importantes notices dans l’Annuaire de l’Académie Royale de 1877 (p. 159-226) et dans la Biographie nationale (tome VIII, p. 753-768), où l’on peut trouver la longue et complète énumération de ses écrits. Ajoutons que le gouvernement, dès 1876, avait fait réunir, dans un important ouvrage aujourd’hui épuisé, qui ne comprenait pas mois de dix volumes, un choix de pages (vers et prose) du poète auquel nous consacrons la présente Anthologie.

A. Van Hasselt, qui était un grand travailleur et un érudit remarquable, a laissé une foule d’études sur des sujets divers : histoire, archéologie, biographie, critique. De plus, il a publié, sous le pseudonyme : Alfred d’Avelines, des récits destinés au jeune âge, dont il empruntait souvent le fond aux conteurs allemands, les maîtres en la matière.

Mais, dans toute cette œuvre de curieuse et patiente recherche, ou même d’adaptation seulement, la littérature est chose assez secondaire. Les extraits, forcément brefs, que nous en pourrions faire pour grossir ce petit livre-ci, seraient sans grand intérêt. Aussi, nous sommes-nous bornés à choisir dans la série des poèmes du maître et à cueillir quelques-unes des plus belles fleurs de ce riche parterre.

C’est, du reste, comme poète que van Hasselt a survécu et l’histoire de nos Belles-Lettres immortalisera son nom sous cet aspect définitif d’un précurseur génial de notre poésie rénovée, le premier de chez nous qui retrouva la vraie source de l’inspiration, c’est à savoir l’émotion sincère et originale. S’il ne fit pas école, c’est que les temps n’étaient pas venus où enfin allait s’éveiller, en Belgique, le sens littéraire.

Ses vers revêtent de clarté française les rêves mélancoliques d’une âme qui se souvient de ses origines germaniques. On y sent une imagination féconde et une sensibilité délicate, que guide une science considérable et variée. On y reconnaît un tempérament romantique, mais dont l’enthousiasme et la ferveur se plièrent rapidement à la discipline classique, volontairement et comme par probité artistique.

Il avait eu l’idée d’acclimater, dans les limites de la poésie française, deux genres de composition de ton et d’essence exotiques : la ballade et la parabole. Malheureusement, l’un et l’autre parurent, en 1872, fort surannés et un peu froids. Depuis qu’ils avaient fleuri sur les bords du Rhin, les temps étaient changés.

D’autre part, pour mieux organiser la musique intérieure, le rythme du vers, surtout de celui destiné à être chanté, il songea à adopter une prosodie basée sur la distinction des syllabes toniques et atones. Il fit ainsi des vers français sur le modèle des vers néerlandais et allemands, où le membre rythmique est mesuré à l’intervalle compris entre deux accents, et qui réalisent, il faut le reconnaître, une grande souplesse de mouvement harmonieux.

Nous avons donné, dans ce petit recueil, une place importante à quelques fragments, parmi les plus beaux, du poème des Quatre Incarnations du Christ, un livre véritablement inspiré et d’un art supérieur, qui, sur une terre moins marâtre que n’est la nôtre pour les ouvriers de la pensée, aurait été vraisemblablement un événement considérable.

On ne peut sans mélancolie songer à la carrière poétique d’André van Hasselt, à ces quarante années d’efforts, passées presque tout entières dans l’obscurité. Car cet esprit d’élite sut cultiver ses grâces dans l’isolement et ce cœur généreux et fier ne laissa jamais éteindre la flamme de son enthousiasme, ne désespéra jamais de son idéal. Aussi restera-t-il un modèle et une leçon pour notre jeunesse littéraire, celui qui dans un milieu et un temps où la poésie était sans honneur, eut le courage d’être, avec ferveur et constance, un poète !...


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Mise à jour le Mardi, 16 Décembre 2008 11:24